15 octobre 2017

Numero Une

Je crois que c'est ce qu'on appelle "passer à coté"! Je suis restée parfaitement hermétique à ce "grand" film dont parle la presse.
L'histoire d'une ingénieur brillante, Emmanuelle Blachey (admirablement incarnée par Emmanuelle Devos, cela est incontestable) dans une grosse société d'énergie, recrutée pour prendre la tête d'une société du CAC40. C'est là le début des emmerdes :  jeux de pouvoirs, manipulations, bassesses machistes en tous genre.

A vouloir nous prouver qu'il est difficile voire impossible pour une femme de devenir PDG: ça en devient démonstratif, féministe et relativement répétitif ! L'homme est odieux, assoiffé de pouvoir, les femmes s'organisent, les réseaux féministes résistent. MOUAIS, je ne devais pas être dans l'esprit ce soir là...

1 octobre 2017

L'un dans l'autre

Avec Louise Bourgoin, Stéphane De Groodt.  

Mais qu'allais-je donc faire dans cette galère ? Perdre 6.50 euros assurément ...
La bande-annonce m'avait fait sourire (l'histoire d'un homme qui se retrouve dans le corps de sa maitresse et inversement ) et j'avoue une tendresse pour Louise Bourgoin, actrice que je trouve physiquement divine et plutôt convaincante. Mais là, non c'est insupportable, pas crédible, bête et pas drôle. Même sur canal + , passez votre chemin. 

Le soleil de Scorta de Laurent Gaudé

C'est dur, c'est âpre, ca sent la rocaille des Pouilles,  et ça m'a transportée l'espace de 48 heures dans un autre monde... à lire, assurément !


Demain et tous les autres jours

Un film comme je les aime, sensible et profond sur un sujet pas facile : la maladie mentale et la solitude d'une enfant élevée par une maman aux abonnés absents, bercée par la folie.
La bande-annonce donne terriblement envie, portée par une chanson absolument splendide et qui figure d'ores et déjà en favori dans ma playlist Deezer :  "Oh my mama ".
Le pitch c'est l'histoire de Mathilde 9 ans, une gamine solitaire, élevée par une maman perchée (toujours parfaite Noémie Lvovsky). Le père (Mathieu Amalric) surveille de loin cette relation mère -fille au travers de conversations Skype avec sa fille.  La petite est tout simplement fantastique, incarnant à merveille cet amour fou, ce regard bienveillant  sur cette maman illuminée. Et puis il y a cette improbable micro-chouette, douée de raison, complice, arme anti-solitude, compagnon d'angoisses de cette gamine, métaphore de la conscience...Fallait OSER !
Le film parle d'amour, d'angoisses, de solitude. On y retrouve un certains nombre de thèmes chers à la réalisatrice (l'enfance, le lien à la mère, le songe, etc.) et cette folie douce qu'on entre-apercevait dans Camille redouble. Par certains aspects, j'ai aussi pensé à "En attendant Bojangle", ce livre merveilleux sur la folie et le regard de l’enfant sur la maladie mentale des adultes sensés les guider.

Et même si je pensais être encore plus émue et en sortir en larmes, je ne peux que vous conseiller de regarder ce joli conte métaphorique!


29 septembre 2017

Mary

C'est toujours avec un immense plaisir que je laisse la plume à mon ami Eric sur un film que je rêve de voir...en VO! 
   ----------------------------------------------------------------
" Si un jour vous hésitez à accorder une seconde chance à quelqu'un, ce film vous offre une bonne raison de répondre à cette importante question par l'affirmative : il y a dix ans Marc Webb avait réalisé un clip pour Miley Cyrus.
Il vous offre en outre la possibilité de découvrir une merveilleuse jeune actrice nommée Mckenna Grace, alias Mary (traduction littérale de "Gifted" - et ce n'est pas Hélène, qui a acquis grâce à un long séjour aux États-Unis une parfaite maîtrise de l'anglais, qui me contredira), génie précoce des mathématiques dont la mère, elle-même génie des mathématiques dont l'enfance fut sacrifiée par sa propre mère au nom du bénéfice que l'humanité aurait pu tirer de la résolution d'une équation très compliquée, a mis fin à ses jours quelques années plus tôt. Mary est alors recueillie par son oncle (here comes Chris "Captain America" Evans), professeur de philosophie (ce qui lui confère un légitime recul sur l'existence et ses petits tracas) reconverti en réparateur de moteurs de bateaux (ce qui lui confère de la crasse sous les ongles), et tous les deux coulent des jours heureux dans quelque port reculé de Floride (dont on nous dit qu'il est peuplé de moustiques et de cafards mais où l'on aimerait quand même bien habiter) jusqu'à ce qu'intervienne pour Mary la question fatidique de l'école.
Doit-elle assister aux cours dispensés dans l'école primaire locale et apprendre à vivre une vie normale parmi les enfants de son âge (c'est l'avis de son oncle) ou doit-elle plutôt être orientée vers une structure spécialisée où son potentiel intellectuel sera exploité au maximum, au nom de l'intérêt supérieur de l'humanité (toujours lui), et accessoirement d'un nom laissé à la postérité et d'un portrait accroché dans le hall d'une université prestigieuse (c'est l'avis de la grand-mère et elle est prête à tout pour le faire valoir) ?
C'est cette lutte que se livrent l'oncle et la grand-mère (le fils et sa mère) quant au meilleur choix possible pour l'avenir de Mary que nous raconte ce petit film, avec beaucoup d'intelligence et de drôlerie, et à peine un ou deux violons (nous sommes tout de même aux États-Unis), jusqu'au "twist" final d'outre-tombe tant inattendu que pertinent. "

17 septembre 2017

Marie d'en haut

L'unique livre de Agnès Ledig que je n'avais pas lu, fut dévoré en une journée. 
On y retrouve tous les ingrédients d'un roman simple, émouvant et facile à lire, "de midinette" diront certains. Les personnages sont attachants, cabossés, avançant dans la vie un peu cahin-caha.  D'un coté, Marie, agricultrice, forte femme en apparence et maman célibataire d'une petite Suzie. De l'autre, Olivier, lieutenant de gendarmerie solitaire et un poil râleur. Et puis, arrive la rencontre, improbable, celle qui vous donne envie de tourner les pages. Du coup, c'est cousu de fil blanc, hautement romantique, une sorte de l'amour est dans le pré avec des héros charmants.  En somme, parfait pour les vacances. 

Elle et Lui

Un Marc Lévy sur la plage c'est permis : c'est en poche, ça ne craint pas le sable et ça se lit entre deux baignades! Dans cet opus, j'ai passé 48 heures assez savoureuses, j'avoue, avec Paul et Mia. Il est écrivain, américain, paumé. Elle est actrice, britannique, doucement allumée et malheureuse en amour.
Leur rencontre à Paris est improbable, leurs échanges plein d'humour et leur attachement irrésistible. Un livre qui donne envie de tomber amoureux (ou alors c'est le soleil crétois).
rendez vous l'été prochain Monsieur Lévy !

La tresse de Laetitia Colombani

Un très joli cadeau de mes internes et externes, dévoré en 48h.
La tresse c'est le récit croisé de trois destins, de trois femmes sur trois continents. 

En Inde, Smita est une Intouchable, elle ramasse les excréments et rêve pour sa fille  de liberté, d'éducation, d'école. En Sicile, Giulia travaille avec son père dans une entreprise familiale qui traite les cheveux pour fabriquer des postiches. L'accident de son père sera la début d'une remise en question de son métier et de ses choix de vie. Enfin Sarah, la canadienne, avocate, working girl apprend son cancer entre deux rendez vous professionnels.  La maladie est interdite dans son monde : cruel, masculin!  
Une fois commencé impossible de reposer ce livre, les pages s'enchaînent, les destins se croisent. Et, même si le lien qui les lie, le cheveu est "un peu facile", que la fin est prévisible dès le chapitre 3, on se laisse emporter par ces destins et l'écriture ultra fluide.

16 août 2017

C'est où, le Nord ?

Un livre contemporain, générationnel dévoré en une matinée. Ella a 24 ans, elle est professeur de français dans un lycée catholique dans lequel elle fait un peu figure d'OVNI ...Elle a des collègues bizarroïdes, des élèves de 6e aussi attachants qu'atypiques, un mec qu'on a envie de gifler, des potes un peu déjantés : Théo, l'homo fantasque et Lou. En 300 pages, nous voilà embarqués dans la vie de cette toute jeune femme, vie mouvementée entre poèmes de Prévert à commenter, soirées arrosées, histoire d'amour/sexe, virées à Budapest et substances plus ou moins licites. Le ton est, en apparence, ultra léger mais les situations abordées sont parfois graves : autisme, avortement, religion, relations familiales. Le style est aussi jeune et frais que son héroïne, à l'image d'une génération d'adultes en devenir. Franchement réussi ...

Passade

Encore toute  surprise d'avoir vu dans un grand cinéma de ma ville (pas réputée pour ses choix avant-gardistes) ce film pour le moins étrange, qui ne  restera vraisemblablement pas longtemps à l'affiche. Nous étions deux dans la salle...deux comme le nombre de personnages à l'écran: Paul et Vanessa.
C'est l'histoire d'une rencontre entre une prostituée de luxe , Vanessa et un trentenaire en mal d'amour, malheureux en couple. C'est l'histoire d'une soirée qui se prolonge, d'une nuit sans fin, de deux solitudes. Échanges des fluides, des mots, des maux...Le film est un huis clos, intégralement filmé dans une chambre d'hôtel pour intellos où s'étalent livres de poche et livres d'art, sur un fond de papier peint nuageux.  J'avoue avoir trouvé ce couple d'une longue nuit assez touchant, parfois drôle et assurément énigmatique!  Et si les dialogues sont parfois un peu appuyés, les voir savourer du champagne sous une tente improvisée est loin d'être déplaisant . 

11 août 2017

Quand sort la recluse

Topissime ...où comment je me suis clairement réconciliée avec Fred Vargas.
La critique ce weekend.

Song to song

de Terrence Malick.
Si votre projet est de voir de jolies jeunes femmes se frotter contre les murs et s'enrouler dans les rideaux de sublimes baraques avec piscine (prix : "nous consulter") : foncez. Sinon passez votre chemin, c'est pénible à mourir.
FA, AA : je suis prête à débattre :)

9 août 2017

Si le verre est à moitié vide ajoutez de la vodka

Vous savez surement à quel point j'ai aimé adoré "Les crevettes ont le cœur dans la tête" de Marion Michau". J'avais savouré ces histoire de trentenaires décomplexées, leurs amours, leurs emmerdes, leurs rapports aux hommes. Nous l'avions lu entre copines, aux 4 coins du monde. Nous avions lutté ensemble pour ne pas le sortir de sous les bureau aux heures de boulot. Nous avions même rebaptisé notre WhatsApp "Les crevettes" ...c'est dire!
Avec cet opus et son titre fort bien trouvé, Marion Michau, la plume toujours légère et un humour savoureux nous livre ses conseils, sous forme de micro-chapitres de 2/3 pages.  Nous suivons avec elle les grandes étapes de la vie d'une nana. Le barbu de 3 jours,  le voisin de palier (et surtout pourquoi il est particulièrement imprudent de tenter l'aventure), le salaud, l'amour à distance, l'ex collant, le couple avec enfant, les vacances, la demande en mariage ...
J'ai sans doute moins ri qu'avec les crevettes, mais j'ai malgré tout dévoré, ce Guide pratique à l'usage de toute Cendrillon moderne.
Un grand merci à B pour ce cadeau! (il y a déjà une liste d'attente pour le prêt ...)

31 juillet 2017

Venise n'est pas en Italie

Vous avez aimé Little Miss Sunshine ? Vous aimez les roadtrip en  famille, doux-dingues et poétiques ? Le mélange des genres type Lequesnoix/Groseille vous amuse ... FONCEZ! C'est émouvant, drôle, sensible et un peu barré aussi. 
Le narrateur, c'est Émile, 15 ans, un blondinet décoloré par une mère un poil envahissante, affublé d'un père VRP aux blagues douteuses, les hormones en folie et un regard troublant sur le monde qui l'entoure.  Il a fait la connaissance au lycée de Pauline, aussi jolie que distinguée, violoniste, un peu bourgeoise. Lorsque celle-ci lui propose de la rejoindre à Venise pour un concert à la Fenice, c'est toute la famille qui embarque dans la caravane!
J'ai adoré ce périple rocambolesque, avec pour point final la belle Venise, où il est question  d'adolescence, de familles (parfois) encombrantes, mais surtout d'amour. Un chouette livre qui mêle émotions et humour. A lire, sans hésiter. 
NB : Il parait que le livre a été adapté au théâtre et ça donne bien envie d'une escapade parisienne pour cette occasion !!

26 juillet 2017

Cherchez la femme

Une vraie comédie sur un sujet sensible. Fallait oser et c'est plutôt une réussite, rythmée, enlevée, maline! !
Ça commence comme une histoire d'amour improbable entre Armand (Moati parfait!), fils d'anciens opposants iraniens au régime de Khomeini, et Leila (Camélia Jordana, épatante)  tous deux étudiants à Sciences-Po. 
Sont pas vraiment du même monde ces deux-la, pourtant tout leur réussit: le billet pour les USA est réservé, le stage à l'ONU a été accepté ! Jusqu'au jour ou débarque le grand frère de Leila, parti faire de l'hôtellerie au Yemen mais qui revient franchement radicalisé et bien décidé à enfermer sa sœur et à envoyer le petit frère chez "les grands frères" du Yemen.
Pour voir sa belle, Armand décide de se faire passer pour une iranienne traditionnelle, Shérazade, de se revêtir du niqab ...sauf que le grand frère tombe sous le charme de cette "femme si pieuse et aimable".
Le sujet est risqué voire ultra casse g... et pourtant on rit, on s'amuse du travestissent (le voir traverser Paris avec ses petits talons, son Niqab et ses yeux soulignés de khôl), on sourit des quiproquos et  personnages secondaires aux traits certes un peu forcés (les parents opposants au régime, les réfugiés politiques, les "blancs" de la cité radicalisés, etc.). 
 

9 juillet 2017

Central Park

Croyez-le ou non, j'ai lu un Musso (hyper vite) et je n'ai pas détesté !!
Ça commence sur un banc de Central Park à New York. Alice et Gabriel, se réveillent menottés l'un à l'autre. Ils ne se connaissent pas et n'ont aucun souvenir de leur rencontre. La veille au soir, Alice faisait la fête avec ses copines sur les Champs-Élysée, Gabriel jouait du jazz à Dublin. 
Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai adoré mais je suis surprise d'avoir été à ce point embarquée dans ce thriller un peu "facile"... J'ai plusieurs explications (excuses ?) 
- ça se passe à New York et vous connaissez ma tendresse pour cette ville! Entre la course poursuite dans le quartier de Red hook (cher à ma copine Cancan), le labo de Mount Sinai,  l'Apple Store de Grand Central, les diners américains , on s'y croirait !
- l'héroïne Alice est attachante, fliquette du  36 Quai des Orfèvres, au passé douloureux, 
- le style est hyper basique, même en sautant un mot sur deux, on comprend tout (parfait pour le train, qui plus est coincé en gare de Coutras),
- Musso sait happer son lecteur, alternant présent et flashback, avec des chapitres courts, qui donnent envie de tourner les pages,
- la fin et ses multiples rebondissements, relativement originale.
Bref, c'est comme un verre de rosé, pas extraordinaire mais sympa pour inaugurer l'été !

5 juillet 2017

Baywatch

Oui, oui, vous ne rêvez pas! J'ai vu ...j'ai survécu :)
En VO qui plus est.
La critique bientôt...

Les méduses ont-elles sommeil ?

Certains ici connaissent mon intérêt pour les addictions et autres troubles de l'usage (sic). 
Je pensais avoir l'estomac noué et les yeux humides à la lecture du récit d'une adolescente dans le gouffre de la cocaïne et de la MDMA. En réalité, j’assiste plutôt pendant 80 pages, à l'ivresse sous psychotropes de la jeune héroïne Hélène. En refermant le livre, j'avoue avoir ressenti un mélange de  frustration et de déception...manque d'émotions ? Difficulté à s'identifier au personnage ? 
A bien y réfléchir, le livre est en réalité fort troublant car il illustre parfaitement le sentiment de plénitude, de toute puissance que produisent ces substances, loin des effets néfastes.  Plus de faim, plus de fatigue, plus de vide, la vie sous MDMA devient légère, diaboliquement enivrante! Tout semble prendre sens. L'auteur décrit habilement cette dépendance à laquelle elle croit échapper, le bonheur superficiel offert par les psychotropes et la quête de sens à l'entrée dans l'âge adulte. 
Au final, un premier sentiment étrange de frustration, remplacé par une troublante impression de réussite littéraire 
J'attends vos avis.

30 juin 2017

Marie-Francine

Sincèrement, j’ai beau apprécier Valérie Lemercier, ce film est franchement oubliable. Pourtant, les critiques de la presse, radiophoniques (cher Masque!) ou de bloggeurs appréciés sont plutôt aimables voire carrément positives! On y voit une comédie "moderne", un film chaleureux, "une vision juste de la France".... Euh, on n’a pas du voir le même film ! Marie-Francine est chercheuse dans un laboratoire, son meilleur ami, c’est son cahier de paillasse. Elle porte des jupes longues, kaki, et des sandales plates qu'on imagine confortables…Du coup, son mari s’est barré avec une jeunette au ventre plat (sic) de 20 ans sa cadette ! Sans emploi (une histoire d’amiante pas très crédible), elle est obligée de retourner vivre chez ses parents, d’adorables bourgeois parisiens, dans un appartement aussi cossu que suranné! Personnellement, je n’ai jamais ri, vaguement souri (et encore je ne me souviens plus vraiment quand). Tout y est appuyé, cousu de fil blanc et bébête. Des bourgeois qui mangent du pain complet en mettant en vente leur fer à repasser sur le bon coin : hilarant ?? Oh non !!!!! Une pauvre fille abandonnée par son mari, obligée de travailler dans un magasin de cigarettes électroniques en fumant de vrais clopes, c’est ça la vision juste de la France? A part Timsit, diablement attachant en restaurateur amoureux, ça vaut juste les 4 euros de la fête du cinéma!

24 juin 2017

Le châle de Marie Curie

Tout d'abord merci à masse critique Babélio et aux éditions Rivages de m'avoir permis de découvrir ce roman qui m'a happée un samedi matin. En 150 pages, avec une plume humaine et poétique Déborah Lévy-Bertherat nous raconte la rencontre de deux femmes rongées par le même mal. Elsa est juive d'origine polonaise ; Kahina est kabyle et musulmane. Elles sont voisines de lit à l'institut Marie Curie, l'espace d'un soir, une nuit. Kahina c'est la mère, la mama (on entend son accent chantant entre les lignes), entourée de ses enfants, qui ne lui ont pas tout dit ("un kyste bénin"). Elsa n'est pas mère mais voue pour sa petite nièce de quatre ans, un amour inconditionnel (tiens tiens !) Elle dessine, tout ce qui l'entoure, capte les instants et les retranscrit dans son carnet. C'est le personnage qui m'a le plus intriguée : sa solitude, sa souffrance silencieuse et cette rage omniprésente m'ont troublée. L'auteur nous entraîne comme dans un conte d'un autre temps ou une légende ancestrale dans la vie de ces deux femmes et nous livre une bien jolie réflexion sur la religion, la maladie et la solitude.


Tu comprendras quand tu seras plus grande

De Virginie Grimaldi, j'avais lu "Le premier jour du reste de ma vie",  que j'avais bien aimé. Elle nous confirme  ici qu'elle sait nous émouvoir avec des histoires simples, une écriture punchy et nous donner l'envie irrépressible de tourner les pages!
Prenez une psychologue, trentenaire (Julia), en pleine remise en question après le décès de son papa et une rupture amoureuse. Plongez-la dans le pays basque dans une maison de retraite, les Tamaris,  et entourez-la de papys et mamies. Y a ceux dont la mémoire vacille, les bougons, les blagueurs, les amoureux! Ajoutez des collègues de son âge: Greg et Marine et un charmant Raphaël,  petit-fils d'une des pensionnaires ... Le tout donne un livre joyeux, un "feel good book" lu en moins d'une semaine, pour l'optimisme et la tendresse qui s'en dégage. 

19 juin 2017

Pas de grand château bordelais, ici, ni de grand Saint Emilion, ni de Millésime, l’histoire se déroule en Bourgogne entre Meursault et Beaunes, dans des vignes familiales multicolores. Jean, l’ainé, Juliette et Jérémie sont enfants de vigneron, un type honnête qui a bossé toute sa vie pour ses vignes. Sauf que le dit vigneron est parti trop tôt (Mossanto ?). À la mort du père, Jean (Pio Marmai),  parti faire le tour du monde et absent des écrans radars depuis 5 ans, refait surface.
C’est filmé à la Klapisch avec le package : voix off du narrateur, nuages en accéléré et couleurs qui défilent pour mieux rythmer l’alternance des saisons...
Klapisch filme comme toujours de gens, des jeunes, des êtres qui grandissent. La reprise du domaine par les 3 frangins à peine trentenaires n’est que le prétexte pour nous parler de transmissions, de liens, d’enfance et d’amour aussi : filial ! Le vin et la vigne (quoiqu'en permanence et fort précisement abordés d’ailleurs) ne sont  que le terreau de ce récit générationnel.
Ces gamins, pas encore tout à fait adultes (parfois déjà pères) se cherchent. Qu’est ce que la transmission, l’héritage?  Une terre, un savoir faire, des valeurs.  Tout ça est bien raconté entre poésie, humour, tendresse (un peu excessive parfois) et empathie (trop ?).  Reste qu'on irait bien le goûter leur petit blanc ou déguster à l’aveugle les litchis et les magues juteuses du père, ou participer à ces réunions de groupes joyeuses et arrosées.
Chapeau aux personnages féminins : la soeur, délicieuse Ana Girardot  et la belle soeur australienne, pleine de retenue et d’élégance.
Bref, un  bon cru avec une fort belle réflexion sur la transmission et les liens familiaux.

23 avril 2017

Sous le meme toit

Dire que j'ai passé un mauvais moment serait très exagéré. Je ne me suis pas vraiment ennuyée, j'ai souvent souri,  peu (pas) rigolé... Je crois juste que j'attendais mieux : plus drôle, plus grinçant!  En prime time sur France 2, on se dit "oh une petite comédie franchouillarde de 1h30" ou "parfait à 22h30 je suis au lit"; au cinéma à 10 euros la séance, on reste sur sa fin/faim ? Louise Bourgoin est jolie, la maison superbe, Lellouche lourdingue à souhait et l'idée de départ originale...
Mais après ? que reste-il ? Très peu de choses voire moins que ca!  Les dialogues ne sont pas hilarants et la plupart des répliques sont vues dans la bande annonce.   
Ah si! Mon Juju d'amour (Boisselier, pour ceux qui ignoreraient encore que je suis fan absolue) en médecin coincé tellement adorable !


La suture

Il est vrai que le délicieux moment littéraire partagé avec Sophie Daull au salon du livre de Limoges,  sa jolie dédicace, son histoire émouvante auraient pu susciter chez moi un manque d'objectivité ...

Pourtant, c'est sans complaisance aucune que j'écris cette critique : son dernier livre m'a réellement emballée. Sophie Daull a perdu sa fille Camille âgée de 16 ans, et nous avait offert ce livre bouleversant : "Camille mon envolée" (à lire d'urgence).

Dans celui-la, il est question d'une femme, Nicole, sa mère. Elle raconte, recrée, invente l'enfance d'une mère décédée à l'âge de 45 ans, une mère qu'elle a si peu connu, sa mère dont elle ne connaît rien. La voici qui prend corps, vie, matière grâce à une boîte à chaussures et les quelques souvenirs qu'elle renferme : un bulletin de salaire, quelques photos, de succinctes lettres... Le propos alterne récits historiques, relations filiales et familiales (parfois houleuses!), traversées d'époques musicales,  et énigme autour de Nicole.

La plume est toujours aussi fluide, pour décrire la souffrance, l'absence, le manque mais encore et toujours teinté d'humour. Certaines phrases m'ont fait un effet d'électrochocs, m’arrêtant dans la lecture, avec l'envie de les partager, de les lire à haute voix.  J'ai même cherché l'auteur sur les réseaux sociaux pour lui dire mon émotion. En vain!

17 avril 2017

Mes dernières lectures

Dès que je trouve le temps, je vous raconte mes deux dernières lectures : "La vie est facile ne t'inquiète pas" de Agnès Martin Lugand et  "La suture" de Sophie Daull.

Pour mes sorties cinéma,  j'avoue qu'il va me falloir un peu plus de temps vu le retard accumulé ces dernières semaines :-)

1. Lalaland +++
2. Sage femme +
3. Monsieur et Madame Adelman +++
4. Chez nous ++
5. De plus belle ++
6. Pris de court +
7. Rock and roll ++


14 mars 2017

Churchill et la France de Christain Destremeau

Un grand merci à Babelio et aux Editions Perrin pour l'envoi de cet ouvrage, que j'avoue je n'ai pas lu mais offert à mon paternel (comment résister devant une énième biographie Churchillienne?) et à qui je laisse page blanche sur pop corn. Voici donc l'avis du paternel ...

 "C’est promis, le prochain, je ne l’achète pas, je ne le commande pas, je ne l’emprunte pas, je ne le feuillette pas en douce chez Mollat, and so on... 
Serment d’ivrogne sans doute ! Donc, encore une biographie de Churchill, mais qui, heureusement, n’a rien d’une hagiographie comme on nous en a tant vendu de notre dernier grand homme à nous…Peut-être parce qu’elle est écrite par un Français. 
Un petit moment d’agacement, il va falloir encore boire du whisky en privé, de grands crus avec les généraux français à quelques kilomètres de la ligne de front et supporter l’odeur du cigare. Ce sacré Winston est, pour la énième fois en deux ans, de retour sur nos présentoirs, sur son green favori la France et toujours diva parmi ses amis les Français. C’est vrai qu’après la série des “de Gaulle et Martine à la plage”, dommage pas ensembles, j’attendais avec une véritable impatience la fin de la trilogie (d’ailleurs, dans le corps du récit nous y avons quand même droit aux bains de mer, évidemment sur une côte d’Azur condominium franco-britannique et, bien sur, sous des aspects attendus cétacesques…) Excusez le néologisme et convenez qu’une bonne BD ferait un tabac. Et puis, on a beau en savoir déjà beaucoup sur le diable d’homme, il y a toujours à apprendre et à comprendre, en cette période de disette d’hommes d’état et de Brexit, pourquoi ne pas rêver que, pour une fois, l’histoire pourrait se décider à repasser les plats. Pour moi, qui n’ai jamais pu digérer Mers el Kébir, Dakar et la suite, j’allais une fois de plus réveiller mon amertume mais peut être enfin comprendre, au nom quelle cruelle amitié, comment s’inscrit l’utilité géostratégique de ce coup de pied de l’âne, le premier d’une longue série. 
Non, décidément je suis trop sentimental et irréductiblement naïf. Parmi tant d’autres, au fil du récit, plus dérisoires, mais combien prémonitoires, surgissent nos médiocres mais sanglantes querelles de ménage à trois pour un Moyen-Orient artificiellement découpé selon la densité supposée des gisements du pétrole. Là, plus qu’ailleurs, ensemble nous avons aujourd’hui une vraie responsabilité. 
Ainsi va le récit, banalement chronologique, pendant presque un siècle, se partageant entre anecdotes piquantes, souvent inédites et vision d’un destin à la fois personnel, insulaire, continental, mondial. Le personnage reste définitivement séduisant malgré ses erreurs souvent énormes, ses faiblesses, et même ses mesquineries. 
Enfin, je lui ai trouvé grand mérite, à donner enfin leur place, avec une focale et un angle de vue extérieurs, de tous les Français, à commencer par Clemenceau et Foch, qui ont autant compté dans nos rapports avec nos alliés que le locataire de Carlton Gardens. 
Au total, il reste un peu de nostalgie : je crains que désormais le tunnel sous la manche ne laisse plus passer que des trains même s’il n’y a pas que “l’Equipe” qui raconte les héros.

12 mars 2017

Je me suis tue

Difficile de parler de l'histoire sans trop en dire. Ce qui est certain c'est qu'une fois débuté, on ne peut plus le lâcher malgré la boule dans l'estomac. Entre roman noir et drame familial : saisissant ! Quand on sait que c'est un premier roman, on imagine le second ...

13 février 2017

Camille mon envolée

Émotionnellement, la lecture de ce livre est loin d’être évidente. Pourtant, dès les premières pages, je n'ai pu le lâcher.
Dans les semaines qui ont suivi la mort de Camille, sa fille de 16 ans, décédée en 4 jours la veille de Noël,   Sophie Daull a commencé à écrire, dans un cahier, un cahier d'écolier avec la petite étiquette du prix. Comme une catharsis, ce n'est pas le journal d'un deuil que nous livre cette auteur, c'est un récit de guérison. Ce qui est troublant c'est  la souffrance évidente de cette maman, l’injustice, l'incompréhension retranscrites avec  simplicité,  fluidité et humour même parfois !



12 février 2017

Le bruit des trousseaux


Il était la, posé sur la table de la maison familiale, les édition Stock et leur jolie couverture bleu nuit... Ça avait l'air court, ce fut saisissant! En 100 pages, Claudel livre des fragments, des paroles de ce monde dont nous ignorons tout. Le mot cellule : la plus petite unité du vivant. L’espace de l’enfermement. 
Philippe Claudel a pendant plusieurs années enseigné en prison, il nous raconte la face cachée de la prison ce que l'on se refuse de voir, que l'on imagine, entre méconnaissance et craintes. Mais aussi de jolis instants, entre lui "Prof" et certains détenus, des instants littéraires, cocasses, émouvants dans ce monde codifié, où les règles sont tacites. Je me suis laissée happer par cette centaine de pages, ces mini récits volés comme des notes de cahier. 
"Il y a quelques années, quand il y avait une choucroute au menu, chaque détenu avait droit à une bière très légère et bon marché, une Valstar. Dans une cellule à plusieurs, on organisait un tour de rôle : chaque jour de choucroute, toutes les bières étaient dévolues à un seul qui, en les buvant toutes, pouvait ainsi frôler l’ivresse."

Maligne

La lecture du livre m'avait profondément émue, la voir sur scène, m'a doublement troublée.
Quelle sacrée  petite nana cette Noémie Caillault ! Elle, pleine de vie nous parle de son cancer du sein, du haut de ses 27 ans, de l'annonce du diagnostic, des effets secondaires de la chimio, de ce fameux acupuncteur qui lui a "épargné" les picotements des pieds mais ni la diarrhée, ni l'alopécie, ni la chute des sourcils. On rit aux réflexions absurdes de ses copines (les Pénélopes), des hommes apeurés, de sa mère, insupportable. Sur cette minuscule scène, elle est vivante, au milieu de chaises et fauteuils colorés, symboles de ses rendez-vous médicaux, entre Pompidou, Clamart et autres hôpitaux parisiens.
Dans cette salle de province hier, la prestation a été acclamée, les gens (peut-être sensibilisés par la problématique ? ) étaient debout,  émus, remués...
Chapeau madame Caillault !

11 février 2017

Mes 3 derniers livres

Le bruit des trousseaux de Philippe Claudel  ⭐️⭐️⭐️⭐️ 
La vie est facile, ne t'inquiète pas d'Agnès Martin Lugand ⭐️⭐️
Camille mon envolée de Sophie Daull ⭐️⭐️⭐️

23 janvier 2017

Dalida

Ne faisons pas la fine bouche, pour tout spectateur un tant soit peu amateur de Dalida, c'est plaisant! 
Rien de bien original, une mise en scène un peu plate mais des airs qui restent en tête et une actrice italienne divinement belle Sveva Alviti.
Les deux principaux reproches sont les playbacks légèrement décalés qui rendent parfois les scènes musicales peu crédibles et le coté attendu des chansons...Une amourette avec l'adolescent, balancez "il venait d'avoir 18 ans", un bellâtre qui raconte des  cracks, envoyez "paroles, paroles, paroles", Dalida souffre, "je suis malade" de Lama. Un peu fastoche tout de même ! Reste qu'on se laisse volontiers emporter par  le portrait de cette jeune femme en mal d'enfant, le malheur qui semble s'abbattre sur "ses hommes" et sa destinée tragique.
Avis aux amatrices de Nicolas Duvauchelle (et non Benoit Magimel!!! Merci aux attentives) accrochez-vous! Rien que pour le voir en micro-short et blouson aux couleurs américaines ou jean moulant pattes d'eph et manteau de vison, le film vaut le détour!

17 janvier 2017

30 ans, 10 ans de thérapie

Un livre de Nora Hamzawi réjouissant et totalement dans son époque ! Aucun souvenir de comment j'ai eu connaissance de ce livre (France Inter peut être puisqu'elle y est chroniqueuse) mais qu'importe, avec un titre pareil, je ne pouvais pas passer à côté : il me le fallait ! Le format était particulièrement attirant : un joli livre broché, une ravissante couverture, des pages glacées, des scènettes à la façon "séances chez le psy", des dessins de l'auteur et un ton ...divinement décalé et cynique. 
Tout y passe : ses névroses, les mecs, sa mère, les potes, les cadeaux de noël, la bouffe, l'adolescence  (la vie quoi!) avec un humour décapant. À lire sans hésitation.

15 janvier 2017

Le coeur en braille

Je sais, l'esprit de Noël n'est pas bien loin, le temps des bûches, galettes et autres étouffe chrétiens pas totalement révolu mais là, vraiment, c'est indigeste! 
L'histoire d'amour entre d'une gamine violoniste en passe de devenir aveugle à cause d'une maladie dont on ne sait pas grand chose (OUF!)....et Victor, un gamin haut comme trois pommes, pas genre premier de la  classe, élevé par un père dépassé (Pascal Elbe, à la limite le moins mauvais de tous).
On sent dès les dix premières minutes que c'est tiré d'un livre pour pré-ado, et on se revoit à 11 ans, lisant des histoires d'amour, d'amitiés, d'ados en souffrance (merveilleux "cornichons au chocolat"!). A l’écrit, ça fonctionne probablement mais transposé au cinéma c'est terriblement sirupeux, lourd, et mal interprété! Même l'instit ou Joséphine Ange Gardien c'est plus crédible. On soupire devant des répliques niaiseuses, un scénario simplet et une mise en scène vieillotte !
Passez votre chemin!

14 janvier 2017

Pars avec lui

"Pars avec lui" est un livre simple, efficace et sans prétention! Les page se tournent facilement grâce à l'alternance de courts chapitres et à l'histoire simplette mais tendre. De cette auteur, j'avais lu il y a quelques années "juste avant le bonheur" qui m'avait laissé un sentiment mitigé (un peu trop larmoyant peut être). Ici, une fois de plus, l'histoire est celle d'une rencontre : celle de Juliette, infirmière et Roméo (oui oui!!), un pompier fracassé de partout après une chute du huitième étage. Juliette, en  mal d'enfant est en couple avec un vrai égoïste (j'ai d'ailleurs eu beaucoup de mal à comprendre sa passivité face à ce crétin !). Tout le monde est un peu cabossé dans ce livre, au sens propre comme au figuré. Vanessa, la petite sœur délurée, Guillaume, l'infirmier mi-pâtissier/confident et les tendres grands parents. Le style particulièrement réaliste de l'auteur pour décrire le monde de l'hôpital et le rapport à la maternité/féminité (on sent la sage femme !) rend le propos crédible et la lecture plaisante. Et, malgré une certaine facilité, un poil de niaiserie, des coïncidences un peu trop prévisibles, une fin pressentie dès la 6e page ...on se laisse embarquer! On cherche tous notre Roméo au fond.

3 janvier 2017

PATERSON, de Jim Jarmusch

En ce début d’année, je laisse la place à E, un fidèle des salles obscures (qui a la chance de pouvoir voir les films en VO, lui!!). Merci E et bonne année à tous et toutes
                  _________________________________________________________

"Pendant une semaine, chaque jour étant un tableau, la vie de Paterson (Adam Driver), chauffeur de bus et poète dans sa ville natale de Paterson, New Jersey, où vécurent avant lui William Carlos Williams (dont le personnage est inspiré) et Allen Ginsberg. Main Street dans la lumière du matin, conversations de bus, grands immeubles abandonnés, rappeur solitaire affutant son flow dans une laverie automatique, candeur amoureuse d’une belle jeune femme drôlement obsédée par le noir et blanc, rêves auxquels on laisse libre cours tout en les sachant irréalisables. Ici pas de tirades boursoufflées surlignées de violons («Ô Capitaine etc »), juste la vie d’un conducteur de bus qui noircit chaque jour les pages de son cahier secret sans même se soucier (malgré l’insistance de sa femme) de mettre à l’abri une copie de ses textes. Après tout « Ce ne sont que des mots… ». Le regard de Jarmusch sur le monde est un regard de poète et ce que sa caméra réussit à capter avec délicatesse (et humour) s’apparente à l’essence même de toute poésie : la beauté est décelable en toute chose et en chacun. 2017 commence bien."

27 décembre 2016

Cigarettes et chocolat chaud

Si vous avez encore l'occasion de voir ce film, allez y les yeux fermés. J'avais entendu l'acteur sur Inter, un samedi matin et cette histoire de père célibataire dépassé par la situation m'avait emballée.

Denis (interprété par l'attendrissant Gustave Kerven) est un papa veuf débordé par l'éducation de ses gamines Janis et Mercredi qui bosse jour et nuit pour subvenir aux besoins de ses petites. Malgré des océans d'amour, c'est clairement le bronx dans la maison, on mange des pringgles au goûter, on fait du catch et non de la danse classique,  le hamster est tout sec dans la cage et David Bowie est roi en la demeure !
Le jour ou une enquêtrice sociale (Camille Cotttin, à contre emploi avec son petit twinset et ses grands  principes éducatifs) oblige Denis à revoir ses modes éducatifs et à suivre un stage de responsabilité parentale tout est chamboulé...

 Le film est épatant de sincérité et d'humour : le stage de responsabilité est source de scènes loufoque, les gamines sont drôles, les répliques percutantes! On se marre assurément, mais surtout la réalisatrice aborde avec finesse des questions profondes telles que le handicap, la différence, le deuil.
Pour une première réalisation, que d'idées originales : on pense parfois à Gondry (le spectacle de cirque), à Little miss Sunshine et ses couleurs pop ou plus récemment à l'épatant Captain Fantastic qui abordait la question de la différence et de la paternité.
J'ai ri comme une baleine, pleuré comme une madeleine, et lorsque les lumières se sont rallumées, mes deux complices (que j'avais embarquées pour cette séance ciné) m'ont souri, aussi charmées que moi par cette délicieuse comédie familiale

La bande annonce est là:

La fille de Brest

Difficile pour moi de parler de ce film que j'attendais avec crainte et excitation. Crainte d'un ramassis d’âneries, et excitation face à ce sujet que j'ai vécu de l’intérieur. Ceux qui me connaissent le savent : la sécurité du médicament rythme mes journées! 
Le produit final est à l'image du livre, autocentré et convaincant. C'est évidemment un film à charge (contre Servier, l'Afssaps, les experts, les universitaires parisiens, la mollesse des experts) qui n'a qu'un objectif : mettre la lumière sur la pugnacité d'Irène Frachon, illustrer son combat à la Erin Brokowitch. Quitte à la rendre agaçante parfois !

PS: pour le microcosme de cette vigilance sanitaire, vous serez frappés par l'impression de tout connaitre: les lieux, les publications, les fiches de déclaration d'effets indésirables. Les scènes tournées à l'ANSM sont troublantes: on y reconnait le distributeur automatique, la plante verte de l'entrée, les micros de la salle de réunion....

Demain tout commence

Demain, tout commence c'est l'histoire d'un type volage qui découvre sa paternité le jour où son ex lui dépose un bébé dans les bras avant de filer dans un taxi.... Bien décidé à retrouver la maman, il part à Londres avec la petite Gloria sous le bras! Sauf que la maman est partie pour un long moment et ne refera surface qu’après des années. Entre temps, la relation entre Samuel et sa fille va grandir et les liens s'intensifier. On ne sait pas toujours qui est l'adulte dans leur relation mais la connivence est là...Il y a des couleurs partout, des toboggans dans l'appartement, des petites portes pour les enfants (comme dans Alice aux pays des merveilles), des courses poursuites, et des piscines à boules mais surtout des océans de tendresse! Trop, sans doute.... Les ficelles ne sont pas toujours très fines et le scénario modérément crédible mais faut croire que j'aime les comédies tendres et irréalistes qui n'ont qu'un objectif : nous détendre et nous émouvoir... Je suis sortie de la salle toute retournée, le mascara plus très net, séduite par la prestation d'Omar Si, qui, qu’on le veuille ou non et assez doué en matière de "transmission d'émotions" A voir en famille !

14 novembre 2016

Réparer les vivants

J'ai du mal à croire que ceux qui qualifient ce film de "sublime adaptation",  "superbe réalisation" et autres commentaires dithyrambiques ont réellement lu le livre! 
Reprenez le roman de Maylis de Kerangal relisez ses phrases à haute voix, sentez les respirer entre les virgules, surfez avec Simon, écoutez les mots, imprégnez vous des silences. Ou sont ces sensations dans le film? J'ai eu beau chercher, je n'ai pas ressenti un centième de l'émotion qui m'avait habitée à la lecture du roman. J'avais refermé la dernière page en larmes, j'ai quitté la salle sans le moindre tressaillement. 
Et oui, sans nulle doute, les acteurs sont bons, le propos crédible, les scènes parfaitement filmées mais il manque le flot sublime des mots qui rendait ce livre incontournable.  
Achetez le roman ;-) 

6 novembre 2016

Ma vie de courgette

Un très très grand film d'animation... non pardon "un très grand film tout court". 
Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas autant régalée au cinéma. On sort ému, attendri, et revigoré devant le charme de cette histoire pleine de saveurs colorées. Nous étions une dizaine dans la salle, des enfants avec leur maman pour la plupart. À la fin, régnait un calme étrange:  les mamans avaient les yeux tout mouillés comme moi, sortant discrètement un mouchoir de leur sac à mains et les enfants étaient silencieux : la magie avait  opéré! Courgette nous a embarqué dans son monde. Monde fait de petits personnages/marionnettes -oh combien réels et attachants, avec leur grosse tête, leurs  yeux immenses et leur sourire triste. Les détails fourmillent : cerf-volant, pulls en laine tricotés, crayons de couleur: tout est nuancé et précis - même le procès-verbal sur l'écran de l'ordinateur est lisible. 
Le film n'est pas triste, il est même franchement drôle à bien des égards : j'ai franchement ri lorsque que Simon (le gros dur!) explique le coït à ses copains, avec ses mots d'enfant : "la femme transpire beaucoup et elle est tout le temps d'accord". Le personnage de Raymond, le policier, est lui aussi particulièrement réussi: dans l'ombre, sensible, solitaire. On l'aime avec son bonnet et ses cactus. 
Vivement le DVD! 

26 octobre 2016

Liberté conditionnelle

Merci à Babelio et aux éditons Plaisir de lire pour cet envoi et cette lecture.
Un roman sympathique plutôt bien écrit mais sans grande originalité! L'histoire est assez classique  : Matthias & Magali, deux personnages opposés, amenés à se croiser au détour d'une chambre d'hôpital. Un chapitre (court) par personnage,  rien de transcendant dans la forme. 
Elle est célibataire assistante sociale, mignonnette sous des airs coincés, férue de recyclage et dotée d'une famille étouffante. Lui, c'est Mathias, bourru, macho, fan de bagnoles et de soirées entre mecs. Il est à l'hôpital, elle l'aide dans les démarches administratives tout en le trouvant particulièrement agaçant.
Près de 300 pages, lues au cours de mes récents trajets en bus, avec l'espoir au fil des chapitres d' un Matthias un peu moins macho et une Magali enfin épanouie!

23 octobre 2016

Chanson douce

Qu'il est troublant ce livre !
Il dérange, il captive...dès le premier chapitre. En quelques lignes, on comprend qu'il y a eu un assassinat, celui de deux gamins, et un suicide raté, celui de leur nounou. 
Chapitre 2, la vie est là, les gamins bien vivants. Louise, la nounou débarque dans la vie d'un jeune couple parisien, Paul et Myriam. Elle a tout pour plaire cette Louise,  aime les enfants (plus que la sienne), elle astique, elle cuisine, repasse, attentive au moindre détails. Discrètement, elle se rend indispensable. Leïla Slimani avec talent conte l’intolérable, la folie ordinaire, au travers du portrait d'une famille bourgeoise, parisienne, trop occupée, face à la psychose latente d'une nourrice. Et le lecteur est happé, à la recherche de détails, de ce grain de sable qui va tout faire grincer, la tension monte, il le sent. Page après page, le malaise s'installe, insidieusement, la lutte des classes est palpable (jamais écrite), la jalousie est en filigrane, la folie progressive. C'est un thriller : un vrai, un grand !

Le teckel

Un film atypique : entre poésie, cynisme, tendresse et âpreté. C'est l'histoire d'un teckel (wiener-dog) (oui, je l'ai vu en VO!!) qui passe de famille en famille et y plonge le spectateur. Il sera tour à tour le meilleur ami d'un jeune garçon rescapé d'une maladie  élevé dans une famille aseptisée (fabuleuse Julie Delpy), récupéré par une jeune vétérinaire seule et perchée (Greta Gerwig que j'avais tant aimée dans Frances Ha), amoureuse d'un marginal, puis par un jeune couple de trisomiques, un scénariste raté (Danny deVito) et une vieille acariâtre en fin de vie. 
La petite bête à l'intestin fragile est le témoin de situations cyniques, cruelles, absorbe leurs angoisses face à la mort, la maladie, l'échec...Il est impassible, toujours tendre, face à des situations de plus en plus noires. On y sent la solitude de ces américains, entre peur de mourir et stress de vivre! 
Intrigant moment de cinéma ...à voir! 

18 octobre 2016

Le tendre baiser du tyrannosaure

Un petit roman d'Agnès ABECASSIS dont j'avais, jusque-là, lu 2 ou 3 romans, plus ou moins oubliables! Si "tribulations d'une jeune divorcée" m'avait bien fait rigoler, "Le théorème de Cupidon" m'avait en revanche parut fade et stérile. 

Celui-là m'a été gentiment offert (MERCI S.) et dédicacé! 

Comme toujours, ça se lit aussi vite que ça s'oublie, sans peine, même dans le brouhaha d'une colonie de vacances (ahhh, les voyages en train!), avec plus de plaisir qu'un magazine...On y fait la connaissance de Félix, un paléontologue un peu trouillard, Tom le flic tatoué et romantique, Ava et sa bande de copines (Olive, Régine and co). On les suit dans leurs tribulations, leurs envies (ou pas!) de bébé, de divorces, de démission, de plan cul, le tout arrosé d'apéros de copines ;-) Rien de bien original mais de la chick litt' respectable. (On est bien loin des fous rires procurés par les crevettes tout de même !) 

10 septembre 2016

Les Crevettes ont le coeur dans la tête : Journal sexy d'une trentenaire

Un délice de chick' litt' d'une fraicheur incroyable!
C'est drôlissime (je riais comme une baleine un chapitre sur deux), bien écrit, addictif (ou comment résister à l'envie de lire aux heures de boulot!!)  et bourré de détails qui nous ressemblent toutes. Les rencards ratés, les soirées de copines, les boulets...bref les joies d'une trentenaire sexy !
Ayatollahs de Lire et ardents défenseurs de Télérama :  passez votre tour ; les autres, foncez c'est jouissif!

AD, les chickettes, vous confirmez ?

Les putes voilées n'iront jamais au Paradis

J'ai du mal à décrire ce que m'a inspiré ce livre, perdu sur une table du club de vacances dans lequel je séjournais, entre deux Harlequins et 3 "nous deux". (cynisme quand tu nous tiens...). J'avais entendu, il y a un mois, les critiques du Masque s'écharpaient au sujet de ce roman. Certains le trouvaient pornographique : il l'est. Voire racoleur (je suis moins d'accord). Certain(e)s le trouvaient réaliste et poignant : c'est vrai aussi. Chahdortt Djavann, auteur franco-iranienne mêle dans son roman, le récit de deux amies d'enfance, séparées à l'âge de 12 ans et les portraits/témoignages crus et teintés d'humour noir de prostituées iraniennes lapidées ou étranglées. À travers ces témoignages tragiques et cyniques, on comprend (si l'on peut la comprendre ?) la folie islamiste, la terreur, la haine des corps féminin, l'obsession sexuelle des hommes et la négation absolue de la féminité. Qu'ai je ressenti ? Mille choses. Assurément de la gêne, de la terreur mais aussi de la curiosité (un peu dérangeante) et un profond un sentiment de malaise aussi. On en sort non indemne, déroutée, perdue, entre réalité et fiction. A lire.

3 septembre 2016

Dans les prairies étoilées

Sur la 4e de couverture, la mise en bouche suivante : Merlin, auteur d'une série BD à succès, perd son vieux copain Laurent, qui lui a inspiré son héros, Jim Oregon. Comment continuer à le faire vivre dans ses dessins, d'autant que dans son « testament », Laurent lui impose deux contraintes pour l'album à venir. 

Mon avis : Marie-Sabine Roger (dont j'ai dévoré tous les précédents romans)  a vraiment  des talents de magicienne. J'ai simplement adoré cet opus qui mêle poésie, tendresse, esprit littéraire et humour 
Poésie dans les descriptions des bulles de BD de ce cher Merlin, 57 ans, personnage atypique, scénariste et dessinateur de bande-dessinée et illustrateur de planches d'encyclopédie. Que de légèreté dans ses dessins d'oiseaux, que l'on imagine bourrés de détails, de couleurs, à l'image de la couverture (superbe) du livre.
Talent aussi, Marie-Sabine Roger nous embarque, saute d'un monde à l'autre : entre BD et RÉALITÉ, nous emporte avec elle dans les vaisseaux intergalactiques de ses personnages, comme dans l'atelier de Merlin. Talent littéraire particulièrement  car chaque chapitre regorge de jeux de mots, d'expressions créés de toute pièces, plus fantasques les unes que les autres ! 
"Prune, en tablier à petits carreaux vichy,
 armée d’une écumoire et d’une cuillère en bois, touille dans un chaudron de cuivre aussi grand qu’elle. Elle est cernée d’étagères immenses, couvertes de bocaux de confiture maison, sur lesquels, quels que soient les fruits, on peut lire en cursive à l’ancienne : « Confiture de Prune"L'auteur manie à la perfection les mots, les fait rimer, les fait chanter (la scène de la rencontre entre la délicieuse Prune et Merlin est particulièrement réjouissante...)
Humour enfin, car oui, j'ai ri. Au bord de la mer, sur mon transat, dans l'avion du retour: partout. Ma voisine de vacances se retournait souvent pour me dire : "il a l'air chouette ton bouquin" (spécial hommage ici au plombier, Monsieur Bombala)! 
Quant à l'histoire, elle vous happe, mêlant réflexion sur la littérature, ses héros, nos héros et notre attachement aux personnages.
Un immense bravo à cette grande dame !

2 septembre 2016

Livres et Sardaigne

Au programme de cette semaine de vacances ensoleillées, il y eut : 
1. Les putes voilées n'iront jamais au paradis de Chahdortt DJAVANN (laissé dans le hall de l'hôtel par un client ...)
2. Repose toi sur moi le dernier Serge Joncour (dévoré en 72h)
3. Dans les prairies étoilées de Marie Sabine Roger (parfait entre 2 baignades)

Les 3 avis arrivent ! 

17 août 2016

Les deux pigeons


Tout d'abord, un grand merci aux éditions Gallimard et Masse critique de Babelio de m'avoir fait découvrir ce livre de la rentrée littéraire, que j'ai sincèrement adoré!

"Deux Pigeons s'aimaient d'amour tendre. 
L'un d'eux s'ennuyant au logis 
Fut assez fou pour entreprendre 
Un voyage en lointain pays…"

Tels sont les premiers vers de la fable de Lafontaine.

Qui sont donc nos deux pigeons, ici ? Elle s’appelle Dorothée, lui c’est Théodore, son anagramme, son amoureux, sa moitié. Comme les pigeons de la Fable, on les imagine roucouler, se regarder, se suffire. Il s’aiment, s’installent ensemble, bâtissent leur nid. Débarquent les premières décisions de couple :  il faut choisir ensemble le premier canapé et investir dans un nouveau sommier, ils hésitent, beaucoup... entre latex et ressorts ensachés! Succèdent les questionnements sur la bouffe bio, la poursuite d’une thèse inachevée, le mariage, le bébé. Dans ce livre cynique sur le couple ordinaire des années 2000, c'est nous que l'auteur dépeint. Ils sont nous, nous sommes eux. On s’amuse de leurs hésitations, politique, littéraires, familiales, culinaires....on s'interroge sur les nôtres aussi ! Fait-on nos propres choix ou suivons-nous des modèles ancestraux que l’on nous a enseignés ? Des études (longues...), une thèse (interminable! ), un mariage (incontournable?). L’auteur nous propose un roman réaliste, déroutant, parfois grinçant qui se lit d’une traite. La plume est à la fois gracieuse et ironique pour mieux dépeindre leurs atermoiements.

Totalement sous le charme de ce roman, je me suis empressée de lire le premier de l’auteur, (Prix Goncourt du premier roman) "un homme effacé", dans un genre totalement différent mais ultra réussi également.

Je RECOMMANDE vivement !!

Avant toi

De Jojo Moyes
Presque un peu honteuse d'avoir lu en 2 voyages en train ce roman de minette totalement addictif et dénué de toute qualité littéraire, sans pouvoir le lâcher! Ceci dit, contrairement à un certain nombre de chicklitt', la lecture est plutôt fluide et la traduction n'est pas déplorable.  L'histoire c'est la version british et homme/femme de Intouchable. Mélangez un tétraplégique beau comme un dieu, ex-trader londonien décidé à en finir et une fraiche aide soignante, ex-serveuse, qui trime pour toute sa famille et aux goûts vestimentaires douteux, assaisonnez d'un romantisme campagard, vous obtenez Avant toi.
J'ai attendu pendant 200 pages le premier effleurement, qui est arrivé page 235 quand elle lui arrache à coup de dents l'étiquette de sa chemise neuve! J'étais hystérique ...j'ai ensuite attendu d'autres coups de dents (en vain!). Faut que ce soit lisible par les 13-16 ans! Me suis donc rabattue sur les regards langoureux, émue par leur duo, j'ai tremblé à chaque sortie en fauteuil roulant et chialé à la fin : n'est-ce pas la définition du #livredevacances ? 


8 août 2016

Dix-sept ans

Elle est fille de médecin, parisienne, bourgeoise. On l'imagine ravissante, gaie, avec ses T-shirt  Agnès B et son Levis. Elle a tout pour être heureuse, des parents aimants, un "amant", la vie devant elle...Elle a dix sept ans, l'âge où l'on n'est pas sérieux,  l'age de l’insouciance et des premiers émois, l'âge où l'on découvre la peau de l'autre, la courbe d'une cheville, le goût de l'autre.
Sauf qu'à 17 ans, certains grandissent d'un coup. Brutalement.
Pendant de longues années, l'auteur taira ce secret d'un avortement qui "ne devait pas laisser de trace", pour le laisser éclater bien des années plus tard dans ce roman autobiographique aussi court que réaliste.
On y sent le poids du secret et une absence latente qui pèse; on sent aussi que Colombe Schneck est ce qu'elle est aujourd’hui car elle a traversé cet épisode, cet "événement "comme le qualifie Annie Ernaux. Point d'oubli, juste de la résillience. 

3 août 2016

Un homme effacé

Je n'aurais jamais découvert ce jeune auteur (ni son premier roman) si Babelio ne me l'avait fait découvrir avec les romans de la rentrée littéraire (attendez le 18 août...).
Dans ce roman finement construit, il est question d'emballement du système judiciaire, de culpabilité 2.0.  Le personnage principal  Damien North est professeur de philosophie, veuf, introverti. Sa vie s'écroule des les premiers chapitres: il est accusé à tort de détenir sur son ordinateur des images pédopornographiques. Pas de détails scabreux, rassurez vous, l’intérêt du livre n'est pas là (heureusement). L'idée est le récit de l'engrenage judiciaire, qui ne voit plus que par une seule fenêtre: celle de la culpabilité évidente. La société qui l'entoure, moralisatrice a trouvé le coupable idéal quitte à le détruire...
Car ce qui intéresse l'auteur (et son lecteur) c'est comment ressort-on d'une erreur judiciaire ? quel avenir, quel après ?
 Le livre a reçu le prix Goncourt du 1er roman, j’approuve! Tant pis pour ceux qui reprochent à l'auteur une intrigue vue et revue. Ne boudons pas notre plaisir : c'est habile, haletant (la partie en prison assortie de tests psychologiques est suffocante) et le regard sur notre société de préjugés et de certitudes est troublant.
Dévoré en quelques jours, je le recommande fortement.
NB: en version ePub pour ceux qui veulent :)


20 juillet 2016

Juillet Aout

La bande-annonce laisse présager un film français rythmé, pêchu et estival : le résultat est un téléfilm bancal, sympathique sans plus, mais néanmoins estival!
Juillet : Laura 14 ans et Joséphine 17 ans partent dans la villa du sud  avec leur beau-père et leur mère. Au programme soirées alcoolisées, piscine, robes de plage, sorties en scooter avec les copains et fricotages avec le badboy de la bande : les vacances dont on a tous rêvé (oui, toi tu sais!). Sauf que maman, 45 ans apprend qu'elle attend un enfant de beau papa. 
Août : adieu soleil de la cote d'Azur, bienvenus les embruns, direction la Bretagne chez papa! Là-bas on pêche les crabes, on met des bottes, on mange des crêpes et on fait de l'optimiste (clichés ?).
Comme il faut lier les deux histoires, Diastème le réalisateur a cru bon d'ajouter une histoire de vol de bijoux qu'il espère nous faire avaler et là, elle est franchement lourdingue la galette de sarrasin!
Bref, cela ne fait pas un grand film tout ca... vaguement un gentil téléfilm France télévision qui donne juste très envie de vacances au nord, au sud, selon les goûts :)
De ce film, je retiendrai surtout les deux adolescentes, hyper natures et attachantes  et la bande-son géniale de mon chouchou Alex Beaupain.

19 juillet 2016

Les chevaliers blancs

À la sortie de ce film je suis dubitative ! Ai-je aimé ? Pas sure...mais faut-il aimer un film qui raconte un fiasco politique ?
Le film est inspiré d'une histoire vraie, l'arche de Zoé et son gourou interprété par Vincent Lindon. 
On en sort un peu ballotté entre bien et mal sans vraiment savoir où se placer...

Le 18 août ...


13 juillet 2016

L'outsider

3eme film du weekend (si ce n'est pas du rattrapage intensif ça ?) 

L'histoire vraie de Jérôme Kerviel racontée par le réalisateur des Choristes. Dit ainsi, ça pourrait faire peur,  le résultat est un thriller financier et psychologique convaincant et totalement captivant.
Christophe Barratier fait le choix d’adopter le point de vue du trader, un jeune provincial qui, happé par  un système gouverné par le fric, va perdre les pédales. Il n'était pas prédestiné à ça notre jeune financier, DESS en poche quand il se retrouve minuscule à la Défense devant les grandes tours de la Soc Gé!
On sent que l’intérêt du film et la volonté de ses réalisateur ne résident pas dans l'explication technique de la magouille mais visent plutôt à montrer que le fric contrôle tout, que ces jeunes et brillants traders sont emportés par un système qui les dépasse.  Que vaut un appartement à 200 000 euros quand, en un coup de poker, on empoche le quadruple ? Tout les hauts responsables de la Société Générale savaient, cela ne fait aucun doute, sauf qu'on l'a laissé jouer jusqu'au point de non retour. 
Arthur Dupont avec son air juvénile est plus que parfait dans ce rôle de gamin transformé en acharné du "meilleur coup financier", happé par un système diabolique... (en plus d’être physiquement parfait!). François-Xavier Demaison est magistralement cynique!
A la sortie bien que n'ayant pas tout saisi des "carpets", "spiel" ou autres magouilles financières, j’étais en revanche convaincue d'avoir passé un excellent moment de cinéma!