26 septembre 2013

Blue Jasmine

Tout ce que j'aime chez Woody: de l'humour, du sombre, de l'amer, New-York , San Fransisco.
Cate Blanchet est extraordinaire, de naturel.

25 septembre 2013

Elle s'en va

Carrément réussi. Sur le papier, rien de grandiloquent, ni de très enthousiasmant. L'histoire d'une femme a l'aube de la soixantaine, qui, après avoir appris que son amant s'est amouraché d'une jeunette décide d'aller faire un tour de pâte de maison au volant de sa voiture. 
Sauf que le tour du quartier se transforme en road trip, parsemé de rencontres improbables, situations tantôt cocasses, tantôt tendres.
C'est Catherine Deneuve qui incarne avec énormément de talent, cette Bettie, encombrée d'une mère omniprésente, d'une fille fuyante et d'un petit fils inconnu. J'ai aime la simplicité qui se dégage de cette aventure humaine, cette manière de filmer la réconciliation avec elle même et les siens. Je le redis: carrément réussi. 

20 septembre 2013

Gare du Nord

Gare du Nord est un film déroutant tant par sa forme (semi-documentaire), son propos, et la présence quasi réelle de ses personnages, incarnés notamment par Nicole Garcia et Reda Kateb. Il est un étudiant en sociologie qui fait sa thèse sur un univers qui le fascine: la gare. Et pas n'importe laquelle, la Gare du Nord, où se croisent des inconnus, des habitués, des voyageurs, des travailleurs, des personnages en errance. Les gens qui s'y croisent, se cherchent, souffrent, explorent...Elle est Mathilde, prof de fac, un peu en souffrance dont on ne saura finalement pas grand chose . Dans l'enceinte de cette gare, ils vont tomber amoureux puis se chercher (au sens propre et figuré). C'est une atmosphère étrange que le réalisateur parvient à retranscrire avec grâce, une sorte d' immersion totale dans un monde agité. A la sortie , une des spectatrices s'est approchée de moi puis m'a raccompagnée à mon vélo, et m'a confié : c'était déroutant mais bien, non?  Oui, c'est exactement ça !

Jimmy P.

14 septembre 2013

Juste avant le bonheur

Vivement l'avenir

L'auteur de "la tête en friche" et de "bon rétablissement" m'a régalée avec ce troisième opus! De ces livres contemporains sur des êtres bancals et attendrissants. L'histoire c'est celle d'Alex et Cédric, deux trentenaires paumés, qui vivent dans une ville grisâtre. Jusque-là, rien de bien attirant. Alex, bosse à l'usine (elle retourne des oeufs), c'est une nana qui ne veut pas vraiment en être une,  allure de petit mec, indépendante jusqu'au bout des cheveux (qu'elle a coupés à la garçonne). Cédric, 28 ans, se cherche un avenir et passe beaucoup de temps avec son pote Olivier, qui rêve de construire un barrage à coup de lancer de canettes. 
Ces personnages en marge, vont s'unir autour de Gérard, alias Roswell, être oh combien attachant. Je n'en dis pas plus, juste que c'est écrit avec beaucoup de justesse, d'humour souvent, des mots choisis pour dépeindre une tranche de solidarité au sein d'une société qui ne va pas très bien. A chaque chapitre, on se dit, allez encore un...juste parce que c'est bon de croire en l'être humain.
PS: Mico, j'attends ton avis :)

4 septembre 2013

Grand départ

Mitigée une fois de plus. 
L'idée de départ, bien que pas très originale est intéressante et de fort potentiel émotionnel! Deux frères différents, jamais sur la même longueur d'onde sont confrontés à la démence de leur père.  Le personnage central c'est Romain, le petit frère: Pio Marmaï, hétéro/célibataire, cadre, brillant, bosseur et pourtant mal dans ses pompes; en face de lui, Luc, un aîné emblématique (Jeremy  Elkaïm) plus cynique, d'humeur aléatoire, homo assumé, aux reflexions acides. Lorsqu'on diagnostique a leur père (Eddy Mitchel) une démence à corps de Lévy, celui-ci entre dans un institut spécialisé . Le placement de ce grand mélomane, à la personnalité étouffante est alors l'occasion pour les deux frangins de laisser exploser les non-dits, jalousies et rancœurs; et surtout l'occasion pour Romain de trouver une forme d'apaisement. 
C'est doux-amer, parfois drôle, caustique (cf. le choix d'un cercueil eco-citoyen) parfois incroyablement réaliste mais pas tout a fait abouti. Comme un manque de "prise aux tripes" ...

Tirez la langue, Mademoiselle

J'hésite, je doute...S'agit-il d'une bouse entrecoupée d'instants de grâce absolue ou d'un bijou de sensibilité troublé par quelques scènes incompréhensibles et dialogues faiblards ? J'ai laissé passer plusieurs heures, et finalement je retiens une film atypique, décalé, à la fois gracieux et désuet.
Le pitch: deux frères Boris et Dimitri Pizarnik, médecins, (Laurent Stocker et Cédric Kahn) officient ensemble dans un cabinet du 13e (que j'ai pris pendant tout le film pour une banlieue de Paris, jamais nommée). Ils habitent l’un en face de l’autre, soignent en binôme, pansent en duo. Arrive Judith, sublime Louise Bourgoin, une barmaid qui élève seule sa fille diabétique, dont ils vont tomber amoureux...en tandem.
Dès les premières scènes, ce qui m'a tout de suite frappée, c'est le travail de la lumière : des néons du Franprix, aux fenêtres illuminées d'un Paris jamais endormi, j'ai adoré la beauté de ces atmosphères nocturnes, comme pour mieux refléter les âmes sombres de nos héros. Par ailleurs, l'image a une belle texture, comme d'un autre temps, un peu années 70. Les acteurs sont en place, Louise Bourgoin, toute en grâce et retenue, Laurent Stocker, grand timide et Cédric Khan, ténébreux.
Le problème, c'est qu'il y a tout de même quelques inepties et dialogues étranges. Quel ado de 17 ans épileptique est traité de nos jour par phénobarbital ? Et puis, ces deux médecins qui consultent ensemble, j'ai du mal...Ou encore une consultation dans une chambre d’hôtel qui manque totalement d'examen clinique.
Et puis, en sortant, je pestais contre cette volonté de tout suggérer: on ne montre pas le frère alcoolique qui boit mais on le voit pointer aux AA, on ne montre pas les frangins se déchirer pour Judith, et encore moins les amants s'aimer... Puis finalement, après réflexion c'est plutôt malin et élégant.