31 décembre 2013

Le géant égoïste

C'est poignant mais à déconseiller en période de déprime.  Sans rien enlever à la beauté du beauté du film, qu'on se le dise: c'est tout de même assez glauque et triste. A l'origine: une nouvelle d'Oscar Wilde "The selfish giant", au final un film entre fable et documentaire . Ça se passe dans le nord de l'Angleterre, sur des terres habitées par des gens dont l'anglais me semble une autre langue (déjà que je lutte avec l'accent British, là j'ai renoncé!), où il pleut tout le temps, où les hautes cheminées teintent le ciel en gris, et où la misère gronde. Swifty et Arbor, deux gosses (à peine adolescents) en rébellion, paumés au sein de familles en détresse, entre chômage, drogue (via le deal de médicaments) et absences parentales désertent l’école. Ils survivent en récupérant de la ferraille et en volant des lignes au cuivre sur les chantiers pour un ferrailleur du coin: Kitten. Arbor, petit blond sec pas très recommandable entraine Swifty, plus rondouillard à la recherche de vieilles casseroles et bouts de câbles, armés d'une carriole. Alors qu'Arbor cherche à repousser toujours plus loin le larcin ("tiens si on s'attaquait aux lignes à haute tension?"), Swifty, plus rêveur participe à des courses de chevaux organisées par Kitten.
Les deux gamins jusque-là solidaires et soudés vont peu à peu s'éloigner jusqu'au final, sublime mais déchirant. On est à mille lieues du conte de fée mais ça mérite d'être vu a la fois pour l'ambiance, la pesanteur du ciel et ces gamins : époustouflants de vérité.

21 décembre 2013

Belle et Sébastien

Avis aux cyniques, critiques pointus et autres cinéphiles avertis (avec ou sans doctorat) : ce n'est peut-être pas pour vous. Car, oui, ça dégouline de bons sentiments, d'allemands (pas trop méchants), de câlins canins dans la neige, de sommets habités de marmottes et autres chamois et de regards complices entre un chien et un gamin de 6 ans. 
Mais, puisque l'heure est aux confidences : j'ai vraiment aimé. J'ai même penché la tête en souriant niaisement à chaque acte heroïque de Belle (Belle tirant la luge d'un blessé,  Belle repérant les crevasses, Belle à l'agonie apres s'être fait tirer dessus, Belle volant des saucisses aux allemand, etc.)
Même passés 30 ans, une belle histoire d'amitié sur fond de paysages enneigés superbes, y a pas a dire: ça fait du bien; merci monsieur Vanier d'avoir permis à l'enfant qui sommeille en moi de passer un agréable moment de cinéma.

100% cachemire

Pathétique, grotesque et absolument pas drôle!!! Fuyez...

20 décembre 2013

The spectacular now

Journée triste...complètement sauvée par cette heureuse et fortuite avant-première. The spectacular now est un film émouvant, troublant dans son propos et drôlement  bien réalisé. Le sujet c'est celui d'un énième teenmovie: Sutter est un ado populaire, qui essaie d'oublier son ex. Sauf que dans le teenmovie ordinaire, les ados sont beaux, l'alcool festif et toujours servi dans des gobelets en plastique rouge. Pas pour Sutter, lui boit depuis plusieurs années pour oublier, combler des absences (celle de son père notamment) et dégaine sa flasque de whisky à chaque angoisse. Un jour il rencontre Aimee, mi-ado, mi-adulte, bosseuse, pas très fêtarde. Leur rencontre n'a rien de glamour, couché sur une pelouse, Sutter cuve, Aimee, elle débute sa tournée de livraison de journaux.  Tout est savamment dosé dans ce film: le premier baiser, le premier bal de prom', leur complicité dans le tourment. C'est triste, doux et très juste sur des questions existentielles: sommes nous condamnés a répéter les erreurs de nos parents, comment aimer quand on ne s'aime pas soi même, comment imaginer un futur lorsqu'on s'acharne a vivre l'instant? 
A voir sans hésiter. J'y retourne des le 8 janvier, dès sa sortie nationale. 

19 décembre 2013

15 décembre 2013

Casse-tete chinois

Bientôt....

Le chapeau de Mitterand

C'est un petit roman (ou fable? j'hésite...) à lire sans hésitation.
Je l'ai reçu de ma collègue américaine francophile à qui le titre a du plaire...quel bon choix Lisa. Merci ;)
Pour être honnête, je l'ai déballé plus vite que prévu (je remettrai le papier et le ruban pour le 24 décembre, promis) et je l'ai dévoré en un samedi (qui ne s'annoncait pas des plus rejouissants pourtant ...comme quoi, parfois la lecture soulage et apaise les maux). 
C'est ingénieux, divertissant et bien écrit, que demander de plus? 
L'histoire débute lorsque Daniel Mercier, monsieur lambda, se retrouve à côté de François Mitterand au restaurant. Le président oublie son chapeau et Daniel Mercier se l'approprie. Sa vie va alors être chamboulée...comme celle des 3 autres personnes dont le couvre-chef présidentiel  recouvrira la tête à un moment donné (une jeune femme qui ne parvient pas a quitter son amant, un "nez" en mal de création et un grand bourgeois qui va troquer le Figaro contre Libé devant son buraliste stupéfait ). Car ce chapeau a la fâcheuse tendance de ne pas rester longtemps en place: il se perd, se vole, s'abandonne. 
J'ai passé avec ce petit livre, un vrai bon moment de littérature et je le prête (comme le chapeau) à qui le souhaite. Je mets mes initiales, comme dans le revers du chapeau!

14 décembre 2013

Je fais le mort

Plutôt sympathique cette comédie policière qui réunit l'improbable couple "François Damiens-Géraldine Nakash". 
Un comédien raté est embauché sur une reconstitution de crime dans les montagnes suisses. La bas, il retrouve une jeune juge d'instruction débutante et un peu coincée. Sauf que notre comédien raté, carrément obsessionnel, et au grand sens du détail trouve que bien des éléments du meurtre ne collent pas. L'enquête redémarre. 
C'est original, souvent drôle et les comédiens sont plus que sympathiques. L'intrigue n'est pas Hichkockienne mais pas ridicule. Bref, un bon petit moment de cinéma. 

Zulu

Pas fantastique ! 
Zulu, c'est un film d'un français (jerome Salle) avec un casting américain (dont Orlando Bloom) adapté d'un livre de Caryl Ferey. Mon gros regret: ne pas avoir lu le livre, qui, dit-on, était ultra bien documenté, captivant et sombre. J'avais de cet auteur, lu "Plutôt crever" qui se passait en Bretagne et qui m'avait plutôt  convaincue.
Dans Zulu, nous voilà en Afrique du sud, post-apartheid, dans des quartiers pas nets avec la découverte du corps d’une jeune fille blanche. La jeune femme aurait  consommé une nouvelle drogue de synthèse, le tik. Puis d’autres cadavres sont découverts, certains sont ceux d’enfants. 
C'est bien violent (pas forcément gênant), très sombre, ça parle de trafic de médicaments, de nouvelles drogues de synthèse (l'addictovigilante que je suis a apprécié!) et Orlando Bloom en flic solitaire, alcoolo assez porté sur la question féminine n'est pas déplaisant.  
Néanmoins la fin, carrément téléphonée, un peu grand-guignolesque laisse un sentiment mitigé. 

11 décembre 2013

The lunchbox

Savoureux...
Voici le premier mot qui me vient à l'esprit pour évoquer ce film franco-germano-indien où il est question de correspondances, d'attentes, de cuisine, de solitude et d'amour. 
Ila est une jeune (et carrément ravissante) épouse, délaissée par un mari overbooké principalement préoccupé par son téléphone. Bien décidée à reconquérir son mari, elle lui mitonne des petits plats quotidiens pour son déjeuner sur son lieu de travail. Sauf qu'en Inde, on ne part pas le matin avec son lunch dans la sacoche, il est livré par le dabbawala, un système apparemment sans faille (dixit une étude de Harvard)  (ou quasi). Les chercheurs ont estimé qu'une mauvaise livraison n'arrive qu'une fois sur un million...et c'est ce qui arrive : la lunchbox arrive sur le bureau d'un vieux comptable solitaire à quelques mois de la retraite, aux allures de misanthrope. 
Débute entre Ila et l'homme un échange quotidiens de missives (via la lunchbox), dans lesquelles ils parlent de leurs doutes, leur quotidien, leurs espoirs. Ils se cherchent, s'attendent. Lui, guette le petit papier glissé entre deux Naans comme des SMS que l'on guette de l'être aimé (l'odeur du curry en moins et la poésie en plus). Ila elle, attend chaque jour le retour des boîtes vides pour lire la réponse. 
Petit à petit, au fil des lettres, l'homme retrouve goût à la vie, s'en lèche les doigts, en redemande. Et nous aussi. 
Les images de ces deux êtres seuls au milieu d'un Bombay surpeuplé sont superbes; la poésie et l'humour se mêlent comme deux aromates idéalement dosés. C'est à voir, (et même revoir) assurément. 
Revu hier soir: c'est encore meilleur!!! 

8 décembre 2013

La jalousie

Un homme: Louis (Garrel); 3 femmes: son ex, sa fille, sa copine (Anna mouglalis).
Un sentiment : la jalousie.
Une couleur : le noir et blanc.
Dis comme ça, ça parait épouvantablement conceptuel et intello. En vrai, ce n'est pas désagréable bien qu'un peu conceptuel tout de même!! C'est très court, et finalement assez bien joué. Même si je n'y ai vu aucune des références que j'aurais du y voir - si j'avais obtenu mon doctorat es cinéma ;), j'ai apprécié la justesse de certaines scènes, en particulier toutes les scènes entre Louis Garrel et sa fille: merveilleuses de sincérité et de naturel. 

6 décembre 2013

Juste avant le bonheur

L'histoire, c'est celle de Julie, caissière, 20 ans, maman célibataire d'un petit Lulu qui devant le tapis de caisse rencontre  Paul un quinquagénaire riche et disponible. Déboulent Jérôme, le fils de Paul, médecin de campagne (attachant, c'est vrai...), sa remplaçante (ma préférée) et une ribambelle de personnages secondaires. 
Beaucoup de bons sentiments, des personnages blessés par la vie, abandonnés qui se reconstruisent ensemble...la recette miracle pour le "page turner". 48 heures de lecture incessante et pourtant au bout du compte le sentiment de se faire un peu avoir. 
Prêté par ma soeur qui m'avait assuré larmes et émotions. De l'émotion, oui (un peu trop même), comme dans ces séries de M6, le 26 décembre, après la dinde et les marrons. Des larmes, non, pas dans mon cas. Quant au style, faut pas être trop exigeant. Ça se lit à toute vitesse, ça ne se pose que difficilement mais ça s'oublie facilement!! A envisager pour les vacances sous un parasol ou un dimanche pluvieux. 

2 décembre 2013

Les morues

L'histoire débute le jour de l'enterrement d'une trentenaire...Suicide a priori...ses copines et Fred (les morues) n'y croient qu'à moitié. Ça part un peu dans tous les sens, entre soirées arrosées, histoire de fesses, d'amour, de journalisme, de politique pour, au final, 400 pages franchement sympas.
Ce que j'ai préféré, c'est le côté actuel, avec une histoire de blog, d'Internet, de nouvelles technologies. Les personnages sont assez réels, contemporains (un peu perchés certes!) perdu(e)s entre leur(s) mec(s), leur mails, leur boulot, les soirées et les excès de vodka (et de nesquik pour Fred). 
Ce n'est pas non plus le livre de l'année mais un bon petit moment malgré tout.