31 mars 2014

All about Albert

Conquise par l'atmosphère qui se dégage de ce film sans prétention. Sur le papier, une petite rom'com US entre deux divorcés, la quarantaine bien sonnée. Rien de bien engageant en ce qui me concerne...et bien pourtant, ça marche! Le résultat est un film malin, tendre et drôle. Un film qui explore avec une grande justesse les cheminements de la relation amoureuse entre raison et passion.
Eva est masseuse, mère d'Ellen, qui s'apprête à partir à l'université et à voler de ses propres ailes. Lui, c'est Albert, un côté ours, un peu gras, à l'humour certain, père d'une jeune fille un peu snob, qui va aussi aller expérimenter les bancs de la fac. 
Ils se rencontrent lors d'une soirée branchouille autour d'une piscine et d'un cocktail. Ils apprenent à se decouvrir, se charment, se trouvent des atomes crochus. Et le spectateur se met à y croire lui aussi. On mange des spaghetti aux aubergines avec eux, on les observe arracher les mauvaises herbes et partager le petit déj'. 
Sauf que, Eva a pour nouvelle cliente, l'ex-femme d'Albert qui crache allègrement sur son ex-mari, brossant un tableau peu reluisant d'un homme maladroit, et sans élégance. Le grain de sable est dans le rouage: Eva, tirailleé entre cette ex-femme qui la fascine et cette histoire d'amour naissante se met à douter...
La qualité du film repose notamment sur ses deux acteurs (la divine et pimpante Julia Louis-Dreyfus et James Gandolfini)  mais aussi une flopée de personnages secondaires non moins attachants. Elle réside aussi sur cette histoire tragique et drôle à la fois. Quelle bien jolie surprise! 

30 mars 2014

De toutes nos forces

L'histoire, celle du pari fou d'un adolescent lourdement handicapé: faire l'Ironman (une course de vélo/natation/marathon) avec son père qui le délaisse. Le sujet est beau et les personnages aussi mais le résultat fait "téléfilm france-télévision" avec tout ce qu'il faut de courage, de ténacité, et d'émotions. Je ne conteste pas l'honnêteté de Niels Tavernier, mais il manque d'épaisseur ce film, d'analyse et de finesse. Le père (Jacques Gamblin) a délaissé le fils handicapé, la mère (Alexandra Lamy) le couve depuis 18 ans, telle une louve; le couple en bave et nous, spectateur, on aimerait saisir cette distance, cet éloignement, la souffrance de chacun: ce n'est pas vraiment le cas! Puis vient le temps de la préparation de l'Ironman, père et fils côté à côte semblant enfin partager une vraie complicité, qu'une fois de plus, le spectateur, ne perçoit pas tant que ça. Et, si l'on voit bien l'entraînement du père, qu'en est-il de son fils? Comment se prépareNT-ILS? On nous a prévenu pourtant (des heures de préparation, en plein soleil...). Comment mettent-ils au point leur matériel (vélo, fauteuil roulant, etc) ? Pourquoi l'effort leur permet de ressentir des émotions communes ? de se retrouver? Reste que oui, j'ai frémi pendant les épreuves, serré les dents dans les descentes de montagne (sublime, la montagne d'ailleurs!) et souri de tendresse devant une fin ultra prévisible. À l'issue de la projection, la salle a applaudi ... et là franchement, je suis perplexe. Oui, c'est honnête et émouvant, le casting est joli (très bons Jacques Gamblin et Alexandra Lamy) mais il n'y a pas de quoi s'emballer!

27 mars 2014

Réparer les vivants


Probablement l'un des plus beaux livres lus ces dernières années. 
Maylis de Kerangal : merci!!! Un vrai, un grand MERCI. Pour ce livre qui vous donne envie de tout arrêter, de ralentir pour mieux ressentir chaque mot, chaque phrase, pour en savourer la mélodie, la puissance et la beauté ! D'ordinaire, quand j'aime, je dévore. Là, je me délecte, je relis même des passages entiers, pour mieux m'en imprégner. 
Réparer les vivants, ce sont 300 pages qui racontent 24 heures d'une greffe cardiaque mais pas que. A la fois technique (la réanimation, le protocole, les gestes et leur précision) et profondément humain, ce roman est un joyaux. Et quel écho à l'actualité, alors qu'en janvier, la première transplantation de cœur artificiel était réalisée! 
Mes mots à moi sont tellement pauvres à  côté de ceux de l'auteur que je vous épargne la description des personnages : sachez juste qu'autour de Simon Limbre, le jeune surfeur, s'activent les vivants, ses parents Marianne et Sean, l'infirmier coordinateur, Cordélia, la jeune infirmière, et tant d'autres. 
Si vous n'en lisez qu'un, cela devrait être celui-la. Magnifique!!

24 mars 2014

Monument men

Je m'attendais à un film médiocre, c'est pire, c'est grotesque! Tout est raté. (Mais je ne t'en veux pas Juju, j'en ris encore!) Le film (peut-on vraiment le qualifier ainsi?) est une succession de scènes risibles. Pour la faire courte: George Clooney, brushing et moustache impeccable, Rayban (modèle aviateur) embarque ses potes historiens (Matt Damon, Jean Dujardin, Bill Muray and co) pour aller récupérer des œuvres d'arts volées par les nazis (qui ont des têtes de tueurs décérébrés, sans déc.?!?). Heureusement ils rencontrent Cate Blanchett qui a noté dans son cahier avec des vignettes de couleur (elle est organisée la petite) toutes les œuvres volées. Sachez qu'il y a deux morts dans la bataille: l'anglais qui meurt pour sauver une œuvre d'art, le français pour sauver un cheval. What else??
Ah, ben si...les dialogues: mythiques! Quand Matt Damon est soulagé il dit "ouf" en soufflant bruyamment, quand il comprend il dit "je comprends" et quand il ne veut pas se faire Cate Blanchett, il dit "j'aime beaucoup cette cravate"! Voilà tout est dit. Surtout ne perdez ni votre temps, ni votre argent: repassez-vous la Grande Vadrouille (la scène de planeurs avec les bonnes sœurs est bien plus crédible) et Indiana Jones pour le petit côté "tiens tiens, je crois que le truc qu'on cherche est sous nos yeux".

22 mars 2014

Her

Il y a TOUT et pourtant ... Il m'a manqué un petit quelque chose pour crier au chef d'œuvre. Un joli casting, une très belle idée, très originale, une réalisation élégante, mais pas l'alchimie que j'attendais. Assurément, on est face à un film élégant, une très belle peinture d'un monde futur (proche), de notre solitude, de cette ultra-connexion qui nous coupe des autres et nous plonge dans des fantasmes 2.0... Mais le gros défaut c'est que malgré tous ces ingrédients, Spike Jonze n'a pas réussi à me faire croire en cette histoire d'amour. Si ma tendresse pour Théodore, le personnage principal est évidente, son histoire d'amour elle, ne m'a pas émue, du moins pas comme j'espérais. Pendant les 2 heures, je cherchais à croire en leur passion : je voulais des papillons dans le ventre moi!! Il n'en demeure pas moins que le film est à voir. Pour ce qu'il montre de cette société contemporaine, qui vibre aux sons de son téléphone plus que par ses connexions réelles aux autres et pour la prestation irréprochable de Joaquin Phoenix!

21 mars 2014

Les gazelles

Ils avaient sorti l'artillerie lourde à l'UGC hier soir : avant-premiere bondée, réalisatrice (Mona Achache), producteurs et actrices (Camille Chamoux et Joséphine de Meaux) pour un film somme toute sympathique mais pas inoubliable

C'est ce que l'on pourrait qualifier de "film d'une époque". L'histoire c'est celle d'une jeune femme de 30 ans, bientôt propriétaire d'un appart dont elle a déjà choisi les carreaux de la salle de bain et endettée pour 30 ans ("c'est autant que moi" dit-elle). Elle vit avec un homme qu'elle connaît depuis la terminale S2 et qu'elle connait par cœur, si bien que les petit détails du quotidiens ont fini par l'insupporter. Sur un coup de tête, réalisant que ce qui l'attend ne la fait pas rêver, elle plaque cet homme qui ne remarque plus ses fossettes, fait des blagues un peu vaseuses, renifle sans se moucher. Perchée sur un velib' en mode celib', la voilà entre deux mondes, celui de ses "anciennes" copines casées, futures mères et ses nouvelles potes, célibattantes et fières de l'être, qui picolent et s'ornent de paillettes à la nuit tombée pour aller rouler des pelles en boîte et se prouver qu'elles sont libres.

C'est donc une histoire de choix, de (vraie?) liberté retrouvée, de soirées, de vodka, de barbus d'un soir, d'angoisses de femmes de 30 ans à nouveau sur le marche du célibat... sauf qu'à trop vouloir présenter la femme de 30 ans sans tabous, libre sexuellement et sentimentalement, on tombe un peu dans la caricature! A tel point qu’à l’issue de la projection,  la polémique a gonflé dans la salle: certaines sont monté(e)s au créneau, alors que d'autre applaudissaient, une très jeune fille avait des sanglots dans la voix ("que de sensibilité!" a-t-elle dit à la réalisatrice), d’autres semblaient sceptiques…quant aux hommes, je ne sais pas trop.

En ce qui me concerne, je suis mitigée:
Le film a des qualités, c'est certain, à commencer par le titre : « Les gazelles », il est bien trouvé (la réalisatrice nous a expliqué que le premier titre était "la loi de la jungle", non retenu car trop "guerrier"). C'est vrai qu'à l'instar des gazelles, ces nanas là vivent en bande, le groupe les rend fortes. Et puis elles semblent fragiles sur leurs petites guiboles mais rapides lorsqu'il s'agit de réagir (se barrer la première notamment!)
Le ton du film est punchie : les répliques fusent, le rythme est soutenu et on ne s'y ennuie pas mais c’est un peu excessif et carricatural : l’interrogatoire culpabilisant des parents, les collègues dépressifs, les mecs d’un soir qui demandent de desendre la poubelle au petit matin. On frôle le cliché non? 
En fait, je pense que j'en attendais trop, espérant déjà la comédie originale 2014, reflet d’une génération alors qu’il s’agit juste d’une comédie un peu déjantée et plutôt fraîche. Point final. 

PS: je m’insurge, le dimanche, contrairement à ce que prétend le film  n’est pas forcément "l’épreuve ultime de la célibataire" (pour peu qu’elle aime bouquiner, aller au ciné, ou voir des copines, je vous assure : on survit !!)



12 mars 2014

Un amour d'hiver

Sincèrement je ne pensais pas qu'il puisse exister des daubes cinématographiques de cette ampleur!! 
J'ai tenu une heure...en comptant 4 parties de candy crush , 5 textos, une mise à jour de mes comptes mails, Facebook et Instagram. J'y partais plutôt sans a priori, je m'attendais à un conte enneigé, des baisers et un peu de fantastique. Pour la faire courte: y a un cheval (blanc) qui s'appelle "cheval" (c'est au cas où certains n'auraient pas bien vu), il vole, très haut, y a une rouquine qui a la tuberculose et des pics fébriles (je n'ai pas creusé la rationalité scientifique) et un brigand (coupe au bol et cheveux gras) qui tombe amoureux. Le même brigand est poursuivi par des tas de méchants dont le chef a la visage couvert de cicatrices. 
Voilà. Au bout d'une heure, j'ai quitté la salle (c'est la 1ère fois de la vie) devant tant de médiocrité. 
Avis aux amateurs. 
Nb : côté casting, Colin Farrell, Jessica Brown Findlay, Russell Crowe, Jennifer Connelly et Will Smith. 

10 mars 2014

Beautiful bastard

Prenez "L'amour sans le faire" de Serge Joncour, sa poésie, sa délicatesse et sa finesse... Maintenant imaginez son contraire: vous obtenez Beautiful Bastard.
L'histoire: Chloé, 26 ans, sexy en diable se fait gentiment malmenée par son boss, qui aime arracher la dentelle. Heureusement Monsieur est prévenant et lui ouvre un compte chez Aubade. Voilà tout est dit. Y a du C... à tous les chapitres, c'est dénué d'intérêt et particulièrement mal traduit (répliqué-je, répété-je, ajouté-je"). 
Mais pourquoi as-tu acheté ce livre ? me direz-vous.
1. je ne l'ai pas acheté, je l'ai téléchargé en pdf.
2. après après avoir tenté à deux reprises de dépasser la page 80 de "50 Shades of Grey", j'étais bien décidée à ne pas renoncer à lire un roman pseudo-érotique. Je me suis donc laissée convaincre par celui-ci, attirée par quelques critiques positives: "les personnages, disait-on sont plus "drôles et sympathiques", la fille a plus de caractère", ils sont "attachants" (no comment).
Je l'ai fini (même si j'avoue, les 60 dernières pages ont été lues très vite... de toute façon, ce n'est pas comme si on risquait de louper une figure de style ou de se perdre dans l'histoire) et j'ai trouvé ça totalement stérile. 
Je m'étais juré d'aborder toutes mes lectures, même les plus inavouables. C'est fait. Mais je ne recommencerai pas.


8 mars 2014

Diplomatie

Brillant!! 
Ou comment deux Messieurs du cinéma me font découvrir un grand moment d'Histoire de France. L'événement en lui même est assez incroyable. Paris, nuit 24 au 25 août 1944, alors que les alliés sont aux portes de Paris, le général Von Choltitz (génial Niels Arestrup) est prêt à détruire la capitale, selon les ordres express d'Hitler. Face à lui, Nordling, consul suédois (interprété par l'encore plus génial Dussollier) armé de ses seuls mots va le convaincre de ne pas détruire la capitale. Je ne sais pas ce qui est vrai, faux, exagéré, simplifié mais je m'en fous. Ce film m'a captivé. Les dialogues sont irréprochables et la lumière extraordinaire (on sent l'aube poindre sur les toits de Paris). 
Merci à ce grand film de m'avoir permis de connaitre à la fois une figure emblématique de l'histoire de France et une nuit non moins historique.

Au programme des beaux jours;)

L'amour sans le faire

De Serge Joncour. Oui, encore Monsieur Joncour.

Au début il y a un titre, un très joli titre. Ensuite, une alternance de chapitres, deux voix : Franck, puis Louise. Puis une rencontre et les voix se mêlent.

Un jour, Franck caméraman parisien décide d'aller sans prévenir passer du temps dans la ferme familiale, quittée il y a des années (tiens, tiens encore le joli thème d'un retour au bercail, cf. Bol d'air du même Monsieur Joncour).
De son côté, Louise prend un café, puis deux à la terrasse d'un café, avant d'aller à l'usine retrouver des collègues puis filer à la campagne retrouver son fils. 
Au fil des chapitres, on comprend ce qui lie ces deux êtres : "Alexandre" frère de l'un, compagnon de l'autre, décédé brutalement.
Pour quelques jours d'été, autour d'un quatrième personnage (5 ans et grand amateur de yaourts à la confiture) ces deux personnages, vont se retrouver dans cette ferme familiale, pleine de souvenirs, de traces du passé plus ou moins douloureuses et, petit à petit, se découvrir, se frôler, se comprendre. 
L'auteur, de son écriture fluide et douce nous dépeint deux êtres un peu bancals, pudiques, dont les cicatrices ne sont pas tout à fait refermées, qui s'apprivoisent sans jamais tomber dans la mièvrerie. Et entre les lignes, on sent la terre, la chaleur, le café glacé... 
Et même qu'on frémit à la lecture du rapiéçage de pantalon.

Un très très joli moment littéraire. 

Par hasard je suis tombé sur cette vidéo de la Grande librairie où étaient invités à la fois Serge Joncour et Marie-Hélène Lafon http://youtu.be/elU6nTcHRAo

6 mars 2014

Un été à Osage County

Je suis perplexe. Pendant le film, j'avoue j'étais plutôt convaincue, c'est cynique, c'est souvent drôle et émouvant. A la fin, en sortant, j'avais un peu la nausée: c'est trop, trop tout: trop cynique, trop théâtral, trop caricatural.  
L'histoire c'est celle d'une famille du fin fond des USA, au pays des Indiens (ou "Native Americans") avec des non dits, des haines, des rancœurs, des jalousies. C'est inspiré d'une pièce de théâtre, d'un auteur dont j'ai oublié le nom mais ça a presque des petits airs de Tenessee Williams. 
Il y a tous les ingrédients de la recette tragique (sauf qu'à la place des pincées, ils en ont mis des louches) : la disparition d'un patriarche, sa femme cancéreuse et addict aux benzos, opiacés et autres pilules du bonheur (la liste est quasi exhaustive, j'ai vérifié !!), de l'adultère, du tripotage d'adolescente par  un fumeur de pétard, du cancer de la bouche, etc. 
Pour le casting c'est un peu le même sentiment, too much. Au menu : Julia Roberts (la robe Lancôme en moins), toujours aussi belle et plutôt en place (même qu'elle a oublié son Movida et qu'ils lui ont laissé les cheveux blancs pour que ça fasse plus réel!!), Meryl Streep (qui elle n'a plus de cheveux), mère cancéreuse haineuse frôlant l’hystérie, Ewan Mc Grégor (superbe, 50 ans, le poil brillant) et tant d'autres...Tous hurlent, se balancent des propos haineux, mais souvent drôles (les familles qui s'engueulent, c'est toujours drôle chez les autres).
Ça finit en psychodrame. Rideau !