27 septembre 2014

Peine perdue

Quelle étrange coïncidence: il y a 2 ans quasi jour pour jour, sous le même soleil de Tahiti je tournais péniblement les pages des "lisières" d'Olivier Adam, livre que je trouvais particulièrement pompeux et narcissique, tout en jurant, qu'entre OA et moi c'était fini. Mais voilà, que la liseuse me donne la possibilité de lire "gratis" le nouveau OA, qui à écouter la presse se voulait plus généreux, tourné vers les autres. 
Et je confirme, ce livre, où il est question d'humains, d'une société un peu en perdition, hésitante entre rébellion et désillusions m'a réconciliée avec son auteur. C'est un livre chorale sans chichi, comme je les aime, porté par une plume ciselée et belle. J'ai souvent été troublée par ces hommes et femmes "classe moyenne", ces gens que la vie bringuebale. On se retrouve un peu en chacun d'eux, cette jeune interne attentive ou Louise la sœur d'Antoine, qui veille sur lui comme une mère ou encore ce vieil homme qui ne supporte plus de vieillir seul. Bref, l'auteur nous emporte avec ses portraits d'êtres qui souffrent, aiment, vivent au bord d'une méditerranée d'arrière saison, délaissée par les yachts et les touristes. 
Merci pour ce joli moment littéraire monsieur Adam. Rendez-vous pour le prochain! 

22 septembre 2014

Lectures estivales

Comme promis, je me suis décidée à passer à de l'intello pour mes vacances. J'ai donc cherché avec entrain le doudou de Tchoupi. Après avoir cherché derrière les choux et les salades, entre les radis, dans les recoins du jardin, j'ai mis la main sur le fameux ourson!!!!  Quant à Tchoupi à la plage: entre les coquillages et les Bernards l'hermite, j'ai enfin réussi à dégoter le doudou. Trêve de plaisanterie, ces lectures d'été avec mon filleul, me font le plus grand bien ;-)

14 septembre 2014

Entre mes mains, le bonheur se faufile

J'avais lu, de madame Martin-Lugand "les gens heureux lisent et boivent du café" qui m'avait fait l'effet d'un gâteau un peu bourratif mais réconfortant. 
Pour son 2ème livre: même couverture, même rythme dans le titre, même effet sucrerie (un poil plus indigeste). C'est totalement futile, romantique, ça se lit en une après-midi et c'est de la littérature  de "toile cirée" (un coup d'éponge et c'est oublié!). 
L'histoire d'une provinciale mariée à un homme qui ne la regarde plus, qui plaque son boulot à la banque pour aller faire une formation de couturière dans une école parisienne. Une fois, à la capitale, elle se frotte aux milieux de la couture, se révèle talentueuse et fond pour le voisin de l'atelier. Voilà. Ça c'est le scénario (ni plus ni moins!). L'écriture, elle, est basique, un peu sans relief, faite de dialogues parfois redondants. L'auteur ne nous épargne pas non plus quelques clichés: le mari médecin hyper occupé et parfait goujat, le bellâtre parisien à moto, madame qui sent la passion la gagner...(Ceci dit, niveau tension érotique, c'est plus puissant que le livre de Valérie!!) 
Conclusion: pour un dimanche après-midi à quelques jours de mes grandes vacances, ce n’était pas désagréable mais je crois qu'il est définitivement temps de se remettre à des lectures plus intelligentes!!

11 septembre 2014

Merci pour ce moment

Portée par un mélange de curiosité (un peu) malsaine et une pulsion people, j'ai lu ce livre  sans réel intérêt politique, encore moins littéraire mais qui fait tant parler! Ceci dit, pour en parler, c'est mieux de l'avoir lu, non?  Le premier qualificatif c'est "niais" et pourtant, je me suis vue tourner les pages ce déballage public, rire de bon coeur le matin avec les collègues qui le lisent aussi, découvrir à la pause café/dejeuner avec les copines ce que sont les tourtoux aux rillettes, se moquer du style Harlequin ultra soft, du baiser de Limoges et des tartines de faux Nutella. 
Qu'il soit thérapeutique, vengeur ou machine à fric, qu'importe (ou trop tard): je l'ai déjà fini!
 

Les recettes du bonheur

de Lasse Hallström, avec Helen Mirren, Charlotte le Bon. 
Au menu ce soir: une soupe de genres! Dans un grosse bonne production à l'américaine : mélanger une dose de Walt Disney façon Ratatouille, une rasade de "coup de foudre à Bollywood" et une louche de masterchef/top chef. Mettre au four pendant deux heures et servir avec un gros verre de clichés franchouillards. L'histoire d'une famille d'indiens qui débarque en pleine campagne française et s'installe en face d'un restaurant étoilé. Le jeune et beau fiston est un cuisinier hors pair mais la voisine va lui mettre des bâtons dans les roues. D'habitude j'aime bien les comédies romantiques un peu niaises, mais là il y a trop de tout: trop d'épices, de couleurs, trop de feux d'artifices, trop de sucre dans cette histoire d'amour, trop de lumière sur une campagne française surréaliste et d'une autre époque. Bref, à voir (éventuellement) un soir de grippe sous la couette.

10 septembre 2014

Party girl

J'en sors avec un sentiment étrange, comme déstabilisée par ce film "trop vrai". 
Angélique a la soixantaine, fardée comme une voiture volée, moulée dans un legging panthère, des bagues de gitane à tous les doigts, elle est une femme de la nuit, oiseau de cabaret un peu minable, dans un no man's coincé entre France et Allemagne. Elle boit, fait la fête, partage des pique-niques sur des bords de nationale avec ses copines de cabaret.
Un jour,  Michel un habitué lui propose une paisible vie de couple, d'habiter une coquette maison et de partager le quotidien. D'abord, surprise, elle accepte, elle l'oiseau de nuit, indépendante mais le doute s'insinue petit à petit.
Il y a des plans sublimes, des images intenses, des plans de visages magnifiques et surtout un personnage central criant de vérité, qui font de ce film, un film à voir. Sauf que, on frôle tellement le documentaire, on est tellement happé par ce réalisme qu'on en sort un peu dérangé. Les fils et les filles d'Angélique sont ses propres enfants (Mario et Samuel Theis, Séverine et Cynthia Litzenburger), c'est déroutant. L'histoire que nous raconte le film est la leur, celle de leur mère qui tente de "se mettre dans le rang".
Cet excès de réalisme (j'avais parfois l'impression de regarder "streaptease) qui transpire dans tous les plans,  trouble. Je repense notamment aux discours - le jour de la noce- de ses enfants, si sincères, avec leurs pauses, leurs respirations : ils m'ont presque gênée.
Loin de m'avoir déplu, ce film m'a troublée et c'est peut-être ça, au fond, que l'on demande au cinéma.

3 septembre 2014

Un secret

Je viens de finir ce court et intense roman de Philippe Grimbert, qui habitait ma bibliothèque depuis des années. Et, quelle belle et troublante lecture! 
Le narrateur est un jeune garçon, né après la guerre d'une mère, Tania, belle nageuse et d'un père Maxime, séduisant et séducteur, athlète confirmé. Lui, le fils de ces sportifs, est chétif, fragile, mal dans sa peau. Au fur et à mesure du récit, on assiste à la révélation d'un secret de famille, un de ceux qu'on ne peut taire. Le texte est beau et fort pour aborder ces sujets complexes que sont le mensonge et le poids du silence. Mais le livre nous parle aussi d'une époque de souffrances, de lutte, de trahison. C'est d'autant plus poignant que, petit à petit on comprend que le narrateur n'est autre que l'auteur et que les failles qu'il nous livre ne sont autres que les siennes; celles-la même qui l'ont construit, forgé et qui en font l'homme, l'écrivain et le psychanalyste qu'il est aujourd'hui.