29 novembre 2014

Qui vive

Un portrait sensible d'un homme à la périphérie, homme d'une cité jamais nommée, qui tente de s'en extraire. Chérif (Reda Kateb) a tenté plusieurs fois le concours d'infirmier. A échoué 3 fois. Pourtant, s'occuper des autres, agir, avec les gestes qui comptent, être utile, c'est son désir. Mais la réalité est plus abrupte et ne semble pas vouloir le laisser s'extirper d'une vie bornée aux murs de sa cité, sa tour HLM et le magasin où il fait la sécurité. Une rencontre, Jenny (la lumineuse Adéle Exarchopoulos), une lettre lui annonçant qu'il est autorisé à aller l'oral de l'institut de formation en soins infirmiers, une sortie est donc possible. Sauf qu'en une embrouille, en une nuit (celle d'une magouille qui tourne au fiasco), l'horizon s'assombrit. Le film mêle ces moments lumineux, et d'autre plus sombres, où l'on sent les tensions, les barrières, l'acharnement. 
Si, j'ai moins apprécié le côté "enquête/polar", en revanche la réflexion sur la difficulté à échapper à une réalité sociale est particulièrement bien menée et élégante.

27 novembre 2014

36 chandelles

Grande fan de Marie-Sabine Roger (MSR), j'ai craqué!! Pas réussi à attendre la version poche. De MSR, j'ai dévoré "la tête en friche", bien avant le succès qu'on lui a connu, j'avais ensuite savouré "vivement l'avenir" et "bon rétablissement". J'aime sa plume, tendre et cynique parfois, ses personnages un peu paumées, souvent seuls ou en manque d'affection. Et, sans nullement regretter cet achat un peu compulsif (après 2 mois d'hésitation), j'avoue avoir été moins emballée que par "bon rétablissement", mon préféré de l'auteur. 
L'histoire est originale, quoiqu'un brin invraisemblable. Il est question de Mortimer, préparé à mourir le jour de ses 36 ans, comme cela a été le cas pour son père, grand-père, arrière (et arrière) grand-pères. Tout est prévu, il n'a qu'à attendre le jour de son anniversaire, dans un joli costume. Sa vie a été une succession de "non-projets", résignations... Sauf que la malédiction ne semble pas vouloir s'abattre et à 11h01, il est toujours bien vivant. Que va-t-il devenir? Lui, qui a tout plaqué, tout vendu, comment apprendre à vivre? La première partie aborde les aventure assez rocambolesques de ses aieuls avec un petit coté "le vieux qui ne voulait pas fête son anniversaire" dans le genre invraisemblable et ne m'a pas emballée plus que ça.
La deuxième moitié est beaucoup plus intéressante puisque MSR emporte son lecteur dans une très jolie réflexion sur le sens de la vie, la nécessité de profiter de tous les instants et de vivre sans regrets. Traverser l’Atlantique (et oui!!), cesser de se dire que tout peut (va) s’arrêter, passer du temps avec les autres, faire des projets, aller de l'avant.
Comme toujours, MSR croque avec beaucoup d'humanité ses personnages, que ce soit Mortimer, ses amis Paquita et son mari, Nassardine dans leur camion à crêpes et surtout Jasmine et ses chapeaux... "Cette fille, c'était du papier alu entre deux couronnes dentaires, une coupure de l'index sur une feuille de papier, une gerçure aux lèvres qui se fend quand on rit, une chose insignifiante avec un potentiel d’emmerdement énorme".

23 novembre 2014

Puzzle

C'est un peu comme si vous passiez des jours et des jours à assembler les pièces d'un puzzle joli, à la finition plutot léchée, aux contours plutôt élégants ...et qu'au dernier moment, la pièce finale venait à manquer. 

Immense frustration voire déception: je n'ai absolument rien compris au dénouement!! Pendant tout le film, on se laisse porter par l'histoire de ces trois couples, portée par des acteurs plutôt renommés (Liam Neeson, Adrien Brody, OLivia Wilde, Mila Kunis...) dans trois belles villes (Paris, Rome et NY), qu'un même secret est censé lier. Sauf que les dix dernières minutes m'ont laissée dans un état de désarroi total (tout comme mes voisins de rang!) 

NB: si quelqu'un est en possession de la pièce clef : je prends!!

19 novembre 2014

Maintenant ou jamais

J'ai du mal à expliquer ce qui m'a perturbé dans ce film... probablement le propos. Je dois être un peu coincos mais l'histoire d'une mère de famille qui braque une banque pour sortir du surendettement: ça me perturbe!! Par ailleurs, j'ai eu du mal à me laisser embarquer par la romance entre Leïla Bekhti et Nicolas Duvauchelle.

16 novembre 2014

Magic in the Moonlight

Je laisse aujourd'hui la place à mon ami E. pour cette bien jolie critique...

Autant jouer franc jeu : si, à l’image d’Isaac Davis dans Manhattan, je récapitulais les raisons pour lesquelles la vie vaut la peine d’être vécue, nul doute que le pèlerinage automnal jusqu’à la rue Georges Bonnac pour la sortie du nouveau Woody Allen figurerait en bonne position, quelque part entre l’omelette aux cèpes (du Périgord) et le coucher du soleil sur l’Atlantique depuis les collines qui surplombent Saint-Jean de Luz. Image de carte postale…
 
Images de cartes postales, dues celles-ci à Darius Khondji (qui officiait déjà à la photographie sur « Midnight in Paris ») : des paysages de la campagne niçoise inondés de lumière orange, une femme et un homme vêtus de blanc se promenant côte à côte dans une roseraie, des étoiles scintillant à intervalles réguliers comme d’improbables diamants dans un ciel d’une absolue noirceur… 
 
D’une absolue noirceur le propos de ce film drôle et enchanteur, où l’amour triomphe des différences et des préjugés et l’amitié des coups-bas, où l’on joue la sérénade, boit beaucoup de whisky, cite Dickens (à peu près) et Nietzsche (au fait : Dieu est mort, au cas où vous ne seriez pas au courant), et qui ne nous dit enfin qu’une seule chose : à quel point nous avons besoin que l’on nous raconte des histoires, tant il est impossible de vivre dépouillé de ses illusions.
 
            L’illusionniste s’appelle Woody Allen et l’histoire qu’il nous raconte est servie par un sens du rythme, de la direction d’acteurs et des dialogues (celui entre Stanley et sa tante Vanessa au cours duquel, par antiphrases, elle lui fait avouer ses sentiments pour Sophie, est une merveille de délicatesse) dignes de ses meilleures comédies. Et si ce n’est pas une raison suffisante pour que la vie vaille la peine d’être vécue, accordez moi au moins que cela vaut bien une carte postale. De celles que l’on envoie quand on a envie de partager son bonheur et son émotion.

Respire

Est-ce le contexte : des critiques presse quasi-unanimes, une bande-annonce rythmée, une salle avec plus de 30 personnes? Je m'attendais à aimer, à en ressortir chamboulée, retournée. Au final, j'en suis sortie mitigée. 

Mélanie Laurent nous raconte avec froideur et esthétisme un drame sur une relation amicale qui va virer à l’enfer. En 1h32, elle radiographie la relation pervers narcissique au travers de l'histoire de deux adolescentes de terminale: Sarah et Charlie. 

Commençons par les points forts: les actrices, sublimes (l'adolescence en oublie certaines parfois). Joséphine Japy et Lou de Laâge, aussi brillantes l'une que l'autre. La proie, brune, douce semble attirée comme un aimant par la sulfureuse Lou de Laâge, fascinante, magnétique et perverse. 
Mais je n'ai jamais été emportée, sûrement car l'identification en ce qui me concerne est impossible. Ni proie, ni victime, je cherchais en vain à quoi/qui me raccrocher. Je crois que celle qui me ressemblait le plus c'est l'amie d'enfance (Victoire), abandonnée par Charlie pour la fascinante Sarah. Mes années de terminale ressemblaient-elles a cela ? Vous citiez Nietzsche en terminale, vous lorsqu'on vous interrogeait sur la passion ? Mes vacances de la Toussaint n'étaient jamais peuplées de bellâtres, d'infusion basilic-abricot, ni de mobile-home en bord de mer. 
Reste que le film est résolument esthétique : l'image est léchée, la réalisation froide, brumeuse, parfois glaciale, parfois à la limite de l'artifice. 
Enfin, peut-être pour en faire un film plus intemporel sur le pervers narcissique (on en parle beaucoup ces dernières années mais ils ont toujours existé), Mélanie Laurent ne "date" jamais son propos. Sommes-nous bien en 2014 ? Ouùsont les iPhones, Twitter et autres Facebooks. A l'heure actuelle quand on sait avec quelle facilité on peut détruire quelqu'un en quelques clics (une vidéo compromettante, des photos, voila une réputation salie), Mélanie Laurent l'oublie (délibérément ?).
Malgré tout, et c'est le point fort du film, brillent deux actrices...

12 novembre 2014

Marie Heurtin

Lovée dans mon grand fauteuil, dans une salle vide (hélas) j'ai apprécié un film tout en pudeur et esthétisme. 
Avec une grâce certaine,  Jean-Pierre AMÉRIS (réalisateur des "émotifs anonymes")  nous raconte une histoire vraie, celle d'une rencontre. Rencontre incroyable entre deux êtres, Marie, une jeune sourde et aveugle et Marguerite, une sœur, à la santé fragile, d'un pensionnat de jeune filles. Nous sommes à la fin du 19ème, Marguerite (parfaite Isabelle Carré) recueille cette gamine dont personne ne veut, indomptable,  sauvageonne, qui ne peut communiquer. À force de patience, de tendresse, de gestes répétées, elle lui apprend à signer des concepts les plus simples aux plus complexes (Dieu, la mort...) mais aussi à vivre en collectivité. Le réalisateur s'attarde sur ces gestes d'une infinie délicatesse entre ces deux êtres, sur la force du lien, sur des caresses pour se connaître, se reconnaître. 
Vraiment beau. 
Une fois n'est pas coutume, c'est foule! (ceci dit, c'est novembre, c'est mercredi, un petit ciné de province...)

9 novembre 2014

Une nouvelle amie

de François Ozon, avec Romain Duris, Anaïs Demoustier, Raphaël Personnaz

J'aurais pu vous mettre la jolie affiche du film, mais je tenais aussi à vous faire partager le charme des cinémas limougeauds pour ce premier vrai et officiel week-end à Limoges:)
















Le film : le dernier de François Ozon, vu dans une salle dont la moyenne d'âge avoisinait les 67 ans (on n'a pas causé "mariage pour tous" à la sortie !)
Le pitch:  Claire et Laura sont deux amies d’enfance, unies à la vie à la mort. Au décès de Laura, Claire a promis, elle veillera sur sa filleule Lucie et le papa David.
Sauf que, Claire découvre que  David s’habille en Laura : "Virginia" voit le jour. Claire aux cotés de cette nouvelle amie, redécouvre sa féminité, son corps et ses désirs. Pulsion, désir enfoui, ambiguïté, sexualité refoulée, le spectateur s’interroge au fur et a mesure que l'attirance grandit entre les deux "femmes". 
Mon avis: chef d’œuvre ou pas qu'importe ! Une chose est certaine, le film questionne et bouscule le spectateur, car tout est troublant* dans ce film, son propos, sa réalisation, son ton et ses acteurs: époustouflants. Duris est incroyable en travesti, plus femme que jamais sous sa perruque blonde, perché sur ses talons et épilé à la cire. "C'est dur d’être une femme", lui balance Claire. A qui le dit-elle.
Anais Demoustier confirme (avait-on encore des doutes ?) qu'elle est une très grande actrice. Elle incarne avec une force incroyable cette Claire, amie de l'ombre, aux désirs enfouis et à la féminité vaguement oubliée. Quant à la réalisation, elle nous emmène au milieu de références cinématographiques que je ne vois en général jamais (je les découvre a posteriori en lisant le critiques) entre Almodovar, Hitchckock, bercée par Nicole Croisille "Et pour la première fois, je me suis enfin sentie : Femme, femme, une femme avec toi. Femme, femme, une femme avec toi.

J'aimerais bien vos avis.
* oui, M, "troublant"!


2 novembre 2014

Mommy


De Xavier Dolan: petit prodige du cinéma!
Rares sont les films qui vous font passer par tant d'émotions en l'espace de 2 heures. J'ai chanté sur Céline Dion, pleuré aussi beaucoup sur Vivo per Lei (sic), retenu des larmes d'émotion, ri parfois et en suis sortie totalement chamboulée.
L'histoire est troublante: Diane, une veuve forte, libre et exubérante récupère son fils Steve à l'hôpital psychiatrique.  Elle veut le ramener à la maison, recréer un cocon, élever ce fils hyperactif, à tendances autodestructrices. Pas facile! Entre crises de nerfs, violence, et tension, l'équilibre semble impossible. Puis survient l'énigmatique voisine d'en-face, Kyla, enseignante en congé sabbatique. Dans ce gynécée, ce cocon de mères, Steve va retrouver une forme de stabilité, réapprendre à vivre, en tous les cas, dans un premier temps.   
Pendant tout le film, je me disais "c'est un bijou": tout est admirable entre tension, tendresse et humour. D'abord le jeu des deux actrices Anne Dorval et Suzanne Clément. L'une est épatante en mère épuisée, un peu vulgos mais dont l'amour transpire par tous les pores; l'autre, la voisine est incroyable de sincérité dans son bégayement, sa pudeur, sa timidité. Face à ces deux monstres féminins, chapeau au jeune Antoine-Olivier Pilon qui s'impose.
Et, cette façon de filmer, tellement mature et originale à la fois: chapeau Monsieur Dolan.

La femme parfait est une conasse (tome 2)

Le 1er tome avait eu le mérite de me faire rire; je l'avais même allègrement offert aux copines+collegues ! Voila que les jumelles recidivent avec un tome 2 qui fait du bien un dimanche de pluie...