31 juillet 2015

Les quatre saisons de l'été

Le nouveau Grégoire DELACOURT : un  joli roman choral qui tombe à point nommé en cette semaine de vacances en bord de mer ...merci sœurette pour cet agréable moment de lecture. 
14 juillet 1999, le Touquet, quatre histoires d'amour. Quatre couples, à l’âge des saisons de la vie : 15, 35, 55 et 75 ans. Ils sont les symboles de nos propres histoires d’amour, le désir adolescent, nos chagrins d'amour (qui comme le dit l'auteur sont aussi une forme d'amour!), puis l'usure ou la complicité liée au temps qui passe. La plume est légère comme l'été, le regard de l'auteur sur ses personnages est à la fois tendre et précis. Et malgré quelques facilités (les références aux fleurs notamment, que je n'ai pas particulièrement appréciées) ou la fin un peu trop démonstrative on se laisse charmer par ces 150 pages. 

24 juillet 2015

Microbe et gasoil est un récit d'aventures adolescentes. Ils sont deux, atypiques, solitaires, le petit "Microbe" et le grand "Gasoil" dont l'activité principale est la remise à neuf de moteur de toutes origines. Les vacances approchent, les deux compères vont partir sur les routes de France dans une sorte de maison/twingo/tondeuse à gazon ...pas tout à fait homologuée. Tout un programme !  C'est frais, c'est inventif et j'avoue que j'ai été plutôt charmée par ce récit poétique et fantaisiste sur l'amitié !

18 juillet 2015

Le combat ordinaire

Tellement moins bien que la BD... Le défi était de taille, certes, et le résultat est loin d'être honteux notamment grâce à la présence (à tous les sens du terme) de Nicolas Duvauchelle et de scènes particulièrement réussies (la factrice, le psy, la pêche..) mais je crois que je n'étais pas disposée à mettre des voix et des visages sur les personnages touchants, sombres, torturés et si humains de Larcenet. 

13 juillet 2015

Je peux très bien me passer de toi

"Je peux très bien me passer de toi" est une comédie romantique ultra fraîche et légère comme une bulle de savon. Quand on commence, on se sent vite bien dans cet univers de nanas. Il est question d'un pacte, d'une promesse entre deux filles : Constance et Chloé aussi assorties que la carpe et le lapin mais aussi peu épanouies dans leur vie parisienne. A la suite du pacte, Chloé va devoir s'exiler dans le Bordelais pour une retraite sexuelle et l'écriture de son premier livre tandis que Constance, désormais inscrite dans un cours de self-estime, découvre la pôle dance et l'art d'aborder les garçons!
Et, même si on sait pertinemment comment ça va se terminer, on ne peut s'empêcher de tourner frénétiquement les pages tant les deux personnages féminins sont attachants et nous ressemblent forcément un peu. C'est réaliste, drôle (les échanges de sms, les profils Facebook épluchés, les mails au bureau) et surtout il y a un peu de nous toutes en Constance et/ou Chloé. Un charmant moment en ce début d'été, merci Marie Vareille! 


8 juillet 2015

Jurassic World film hybride.

"Pop-corn et oreille de chien face à Allociné, allégorie" (FM)
N'ayant trouvé ni la force ni le courage d'aller voir ce chef d’œuvre, je cède la place pour la critique à un ami cher.
Pop Corn

Vingt-deux ans après le Jurassic Park de Steven Spielberg, le quatrième volet de la saga nous propose une recette à l’image du personnage principal, l’Indominus rex : hybride. Le code génétique de ce nouveau spécimen de dinosaure, créé sur mesure en laboratoire est un mélange improbable d’ADN de dinos et d’animaux actuels, tous plus terrifiants les uns que les autres. L’Indominus est censé permettre de relancer les recettes du parc d’attraction qui doit, telle est l’époque, être plus rentable, attirer plus de visiteurs et effrayer encore plus : « more teeth ». Le film mélange ainsi tous les ingrédients pour produire un divertissement mondial tout public spectaculaire :
  • Une histoire éprouvée et connue de tous : une suite d’anomalies fait dérailler la mécanique perfectionnée du parc de l’île au large du Costa Rica et les animaux se retrouvent en liberté. Même lifté (nouveaux personnages, nouvelles attractions) le scénario ne réserve presque aucune surprise et la fin est connue avant d’aller voir le film
  •  Des effets spéciaux exceptionnels : la 3D est plutôt bien intégrée et les dinosaures paraissent réels, mais l’effet de nouveauté ressenti en 1993 n’est pas là.
  • Des références et clins d’œil appuyés au premier épisode : musique, hélico, chèvres, jeep, presque tout y est. 
  • Une pseudo amourette (poussive) entre deux personnages. 
  • Des méchants machiavéliques, mais on sait dès le départ qu’ils vont se faire croquer. 
  • Un casting international, mais le milliardaire indien pilote amateur en vient à nous faire regretter John Hammond (et son « We spared no expense ») et la présence d’Omar Sy au casting ne semble être qu’un artifice pour caser des jurons en français et son rire si spécial. 
  • Une belle morale : on ne domestique pas la nature et l’union fait la force.
Les catastrophes se succèdent ainsi pendant deux heures sur un rythme soutenu et attendu au fur et à mesure que le personnage féminin ôte des vêtements (une partie seulement) pour passer de business woman à héroïne de film d’action. Au final, Jurassic World et l’Indominus rex ont le même destin : ils remplissent parfaitement leur tâche, plus gros, plus forts (le film a déjà rapporté 10 fois son budget et battu des records de recettes), plus de dents, mais ne parviennent pas à surpasser leurs valeureux aînés ; techniquement parfaits, artistiquement oubliables. A croire que Spielberg avait déjà complètement fait le tour du sujet en une seule fois.

FM

7 juillet 2015

La perle et la coquille

Tout d'abord un immense merci à Babelio et aux éditions Milady pour l'envoi de ce livre. 

La Perle et la coquille est un roman qui m'a absolument emportée. A la frontière entre le conte et le récit moderne : il mêle récit historique, conte afghan et roman d'aventure. L'écriture est simple mais efficace, les chapitres s'enchaînent, nous dévoilant petit à petit les destins de ces deux héroïnes. C'est ce qui fait la force du roman: la résonance des destins malgré les années...L'histoire se déroule à Kaboul en 2007 et au début du siècle en Afghanistan. On y rencontre deux femmes, d'abord petites filles qui vont connaître un destin incroyable. Rahima va, pendant quelques années être une "basha posh", une petite fille déguisée en garçon, jusqu'à l'âge du mariage et, ainsi travestie, goûter au plaisir de la liberté. Puis mariée de force à un riche Afghan, elle ne cessera de se battre pour exister. Son aïeule : Shekiba, 100 ans plus tôt, tentait déjà de s'extraire de l'oppression et d'alléger son existence dans un pays où la femme n'est que poussière. Sur plus de 500 pages (fort bien traduites au demeurant), les deux voix se font écho dans un pays d'hommes dirigé par des hommes, où la femme n'est rien!

Un vrai bon moment de lecture

6 juillet 2015

Amy

Vu en avant-première, ce documentaire constitué uniquement d'images d'archives et d'interviews de ses proches, amis, collègues, producteurs, est particulièrement bien fichu. Amy Whinehouse est un personnage que je connais mal, et pour lequel je n'ai pas une admiration sans borne...mais avec ce documentaire percutant, on a vraiment l'impression de mieux la connaitre et l'opportunité de s'attacher à cette nana happée et bouffée par le succès.  On y découvre une adolescente un peu boulotte non préparée à la gloire, puis une très jeune femme à la brutale gloire internationale, fragile et influençable entre success story et sombres descentes, entre drogues, ruptures amoureuses (oh combien créatrices), désillusion, cure de désintoxication. Le tout évidemment agrémenté des tubes (mais pas que) d'Amy. Un portrait réussi quoique, peut-être un peu long.

5 juillet 2015

Une seconde mère

Si vous avez l'occasion de voir ce film puissant et troublant sur les rapports humains et les inégalités sociales, mélange de tendresse et de férocité : foncez! Depuis des années, Val est domestique d'une famille bourgeoise de Sao Paulo. Elle a élevé le fils Fabinho, avec qui elle entretient des liens immensément forts. La mécanique est huilée dans la grande et belle maison, chacun sa place, il y a les servis et les servants sauf pour la tendresse, que Fabinho trouve dans les câlins de Val et non auprès de sa propre mère. Sauf que la mécanique va être bouleversée par l'arrivée de Jessica, la fille de Val qui s'apprête à intégrer la fac d'architecture. L'arrivée de cette jeune femme, moderne, rebelle va chambouler l'équilibre de la maison, mettant en exergue la réalité des inégalités et des rapports sociaux. Qu'il s'agisse de bain dans la piscine, de glace chocolat/amande "réservée" ou d'un set de tasses à café, tout est juste et fin. Plus étonnant, encore dans ce film : l'alliance parfaite de sensibilité et de noirceur dans ce regard sur la maternité et les rapports humains. Les acteurs sont épatants, le film passionnant!

4 juillet 2015

Un moment d'égarement

Chose que j'ignorais en pénétrant dans la salle de cinéma, un moment d'égarement version 2015 est un remake d'un vieux film de Claude Berri avec Jean-Pierre Marielle et Victor Lanoux. Dans la version moderne, c'est le duo Cluzet/Cassel qui reprend le flambeau.
Antoine et Laurent , deux pères de famille partent en vacances avec leurs deux filles Marie et Louna, 17 et 18 ans.  Plage, soleil, petits dej en terasse et pastis tout semble parfait....mais l'équilibre des vacances part en vrille lorsque Laurent (Cassel) succombe un soir sur la plage aux charmes se la fille de son pote.
En voyant la bande annonce, j'attendais un film sur le désir interdit,  la tentation refoulée. En vrai, j'ai vu une comédie d'été,  légère porté par 4 acteurs fort sympathiques. Mais, je m'attendais à plus de complexité, moins de morale...Tout est arrondi, un peu lisse. Les filles sont modernes (branchées à leur iPhone) aguicheuses et sublimes;  le quadra (Cassel) est mal à l'aise face au chantage de la jeune adulescente manipulatrice. Bref, la morale est sauve en permanence:  il n'y a pas de malaise là où il devrait (?) y en avoir...Quant à Cluzet,  il fait du Cluzet, un peu hysterique sur les bord (cf. les petits mouchoirs) mais Cassel est grand, charmeur, sexy et rien que pour ça...