30 juin 2017

Marie-Francine

Sincèrement, j’ai beau apprécier Valérie Lemercier, ce film est franchement oubliable. Pourtant, les critiques de la presse, radiophoniques (cher Masque!) ou de bloggeurs appréciés sont plutôt aimables voire carrément positives! On y voit une comédie "moderne", un film chaleureux, "une vision juste de la France".... Euh, on n’a pas du voir le même film ! Marie-Francine est chercheuse dans un laboratoire, son meilleur ami, c’est son cahier de paillasse. Elle porte des jupes longues, kaki, et des sandales plates qu'on imagine confortables…Du coup, son mari s’est barré avec une jeunette au ventre plat (sic) de 20 ans sa cadette ! Sans emploi (une histoire d’amiante pas très crédible), elle est obligée de retourner vivre chez ses parents, d’adorables bourgeois parisiens, dans un appartement aussi cossu que suranné! Personnellement, je n’ai jamais ri, vaguement souri (et encore je ne me souviens plus vraiment quand). Tout y est appuyé, cousu de fil blanc et bébête. Des bourgeois qui mangent du pain complet en mettant en vente leur fer à repasser sur le bon coin : hilarant ?? Oh non !!!!! Une pauvre fille abandonnée par son mari, obligée de travailler dans un magasin de cigarettes électroniques en fumant de vrais clopes, c’est ça la vision juste de la France? A part Timsit, diablement attachant en restaurateur amoureux, ça vaut juste les 4 euros de la fête du cinéma!

24 juin 2017

Le châle de Marie Curie

Tout d'abord merci à masse critique Babélio et aux éditions Rivages de m'avoir permis de découvrir ce roman qui m'a happée un samedi matin. En 150 pages, avec une plume humaine et poétique Déborah Lévy-Bertherat nous raconte la rencontre de deux femmes rongées par le même mal. Elsa est juive d'origine polonaise ; Kahina est kabyle et musulmane. Elles sont voisines de lit à l'institut Marie Curie, l'espace d'un soir, une nuit. Kahina c'est la mère, la mama (on entend son accent chantant entre les lignes), entourée de ses enfants, qui ne lui ont pas tout dit ("un kyste bénin"). Elsa n'est pas mère mais voue pour sa petite nièce de quatre ans, un amour inconditionnel (tiens tiens !) Elle dessine, tout ce qui l'entoure, capte les instants et les retranscrit dans son carnet. C'est le personnage qui m'a le plus intriguée : sa solitude, sa souffrance silencieuse et cette rage omniprésente m'ont troublée. L'auteur nous entraîne comme dans un conte d'un autre temps ou une légende ancestrale dans la vie de ces deux femmes et nous livre une bien jolie réflexion sur la religion, la maladie et la solitude.


Tu comprendras quand tu seras plus grande

De Virginie Grimaldi, j'avais lu "Le premier jour du reste de ma vie",  que j'avais bien aimé. Elle nous confirme  ici qu'elle sait nous émouvoir avec des histoires simples, une écriture punchy et nous donner l'envie irrépressible de tourner les pages!
Prenez une psychologue, trentenaire (Julia), en pleine remise en question après le décès de son papa et une rupture amoureuse. Plongez-la dans le pays basque dans une maison de retraite, les Tamaris,  et entourez-la de papys et mamies. Y a ceux dont la mémoire vacille, les bougons, les blagueurs, les amoureux! Ajoutez des collègues de son âge: Greg et Marine et un charmant Raphaël,  petit-fils d'une des pensionnaires ... Le tout donne un livre joyeux, un "feel good book" lu en moins d'une semaine, pour l'optimisme et la tendresse qui s'en dégage. 

19 juin 2017

Pas de grand château bordelais, ici, ni de grand Saint Emilion, ni de Millésime, l’histoire se déroule en Bourgogne entre Meursault et Beaunes, dans des vignes familiales multicolores. Jean, l’ainé, Juliette et Jérémie sont enfants de vigneron, un type honnête qui a bossé toute sa vie pour ses vignes. Sauf que le dit vigneron est parti trop tôt (Mossanto ?). À la mort du père, Jean (Pio Marmai),  parti faire le tour du monde et absent des écrans radars depuis 5 ans, refait surface.
C’est filmé à la Klapisch avec le package : voix off du narrateur, nuages en accéléré et couleurs qui défilent pour mieux rythmer l’alternance des saisons...
Klapisch filme comme toujours de gens, des jeunes, des êtres qui grandissent. La reprise du domaine par les 3 frangins à peine trentenaires n’est que le prétexte pour nous parler de transmissions, de liens, d’enfance et d’amour aussi : filial ! Le vin et la vigne (quoiqu'en permanence et fort précisement abordés d’ailleurs) ne sont  que le terreau de ce récit générationnel.
Ces gamins, pas encore tout à fait adultes (parfois déjà pères) se cherchent. Qu’est ce que la transmission, l’héritage?  Une terre, un savoir faire, des valeurs.  Tout ça est bien raconté entre poésie, humour, tendresse (un peu excessive parfois) et empathie (trop ?).  Reste qu'on irait bien le goûter leur petit blanc ou déguster à l’aveugle les litchis et les magues juteuses du père, ou participer à ces réunions de groupes joyeuses et arrosées.
Chapeau aux personnages féminins : la soeur, délicieuse Ana Girardot  et la belle soeur australienne, pleine de retenue et d’élégance.
Bref, un  bon cru avec une fort belle réflexion sur la transmission et les liens familiaux.